[Reportage] Explosion des cas de malnutrition infantile au Tchad

A Ndjamena au Tchad, le taux de malnutrition infantile frôle les 5%. Ce qui est largement supérieur au seuil d'urgence fixé à 2%.
© Madjiasra Nako/RFI

A Ndjamena au Tchad, le taux de malnutrition infantile frôle les 5%. Ce qui est largement supérieur au seuil d'urgence fixé à 2%. L'ONG Alima a été la première à tirer la sonnette d'alarme sur cette situation devenue critique cette année. Les centres de santé de la capitale sont débordés. Ils manquent de place pour accueillir ces enfants toujours plus nombreux en 2018. Pour prendre en charge les cas les plus graves, l'ONG Médecins sans frontières (MSF) a construit un hôpital en urgence.

Dans ce centre nutritionnel en plein cœur du quartier populaire de Ndjari, dans la capitale tchadienne, des dizaines d'enfants décharnés sont pris en charge. Ils sont atteints de malnutrition aiguë sévère, le stade le plus grave de la maladie. « L’enfant est en réanimation, explique un employé du centre. C’est vraiment une malnutrition aigüe sévère. Depuis hier dans la nuit, l’enfant a des convulsions. Et son état est grave ».

Sous ces tentes installées en urgence par Médecins sans frontières, la tension monte d'un cran. « Chaque année, il y a toujours un nombre de cas de malnutrition, explique Patient Kighoma, responsable de l'unité nutritionnelle. Mais là, on a l’impression que le nombre a quand même augmenté. Nous avons commencé avec une capacité de 50 lits. On vient de construire encore pour essayer d’augmenter encore notre capacité parce qu’on a toujours des enfants qui arrivent chaque jour ».

Causes multiples

Crise du pouvoir d'achat, période de soudure - période qui sépare la fin de la consommation de la récolte de l'année précédente et l'épuisement des réserves des greniers, de la récolte suivante - grève dans les hôpitaux : les causes de la malnutrition sont nombreuses. Zara Ousmane, son bébé dans les bras, raconte pourquoi, il y a une semaine, elle est venue en urgence : « J'ai eu très peur pour ma fille. Elle était très maigre et avait de la fièvre. Je n'ai pas les moyens de la nourrir suffisamment et correctement. Aujourd'hui, je suis soulagée de voir qu'elle va mieux ».

Même s'il n'existe pas encore de données précises, les humanitaires estiment que, cette année, rien qu'à Ndjamena, 50 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère.

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