Sénégal: une pirogue de migrants échoue dans le centre-ville de Dakar

Des pirogues sur une plage de Dakar (photo d'illustration).
© RFI/Ndiassé SAMBE

A Dakar, samedi 18 août à l'aube, une pirogue de migrants a échoué sur la plage du monument de la Renaissance en plein centre-ville. Des problèmes techniques seraient à l'origine de cet incident qui n'a fait aucun mort. La police a procédé à des interpellations. Une enquête est en cours.

Sur la plage il ne reste que l'immense pirogue, vide. Seul signe de présence humaine, des déchets dans le fond de l'embarcation. Un peu plus loin sont entreposés des bidons d'essence et des sacs riz, les vivres des migrants pour rejoindre l'Europe. Des riverains aident la police à hisser la marchandise en haut de la falaise.

El Hadj faisait du sport à l'aube samedi sur cette corniche en plein centre-ville quand il assisté la scène. « La pirogue amarrait sur la plage, des policiers étaient déjà là. Ils ont encerclé la pirogue. Les migrants ont sauté dans l'eau, ils nageaient pour s'enfuir. Les policiers ont tiré deux balles en l'air. D'autres migrants sont montés sur la falaise, mais la police les a rattrapés ».

La pirogue a échoué juste en face de la direction de la sûreté nationale. Au total 33 migrants, dont deux femmes, ont été interpellés. Le capitaine du bateau et une poignée de passagers ont pris la fuite.

Selon la police, ils auraient embarqué depuis la Gambie, mais on ne connaît pas encore leur nationalité. En revanche, les passeurs seraient originaires de Kayar, un village de pêcheurs à 60 kilomètres de Dakar. Depuis plusieurs mois, le nord du Sénégal a enregistré une augmentation des départs vers l'Europe d'après la police des frontières.

La route de l'océan Atlantique

Pour les associations de migrants, c'est signe que la route de l'océan Atlantique, principal trajet au milieu des années 2000, est de nouveau empruntée. Souleymane Alioune Diallo, de l'ONG Otro Africa pointe du doigt la défaillance du système de surveillance sénégalais.

« Depuis deux mois, nous avons alerté les autorités, pour leur dire que les pirogues continuent de sortir. Les jeunes n’ont pas cessé de prendre la mer. Ils ont probablement arrêté un moment, mais cela fait un moment également qu’ils ont repris et je pense même qu’ils ont repris de plus belle. Puisqu’aujourd’hui, ils contrôlent mieux le système maritime que nos propres autorités. Ils savent parfaitement quand et comment sortir. Ils ont un système huilé, meilleur que notre propre système. »

Le membre de l’ONG Otro Africa pointe également les raisons qui poussent ces jeunes à prendre la mer et à mettre leur vie en danger. « Sur le plan local, il n’y a pas d’alternative par rapport à l’immigration. Il n’y a pas d’emploi, les jeunes souffrent, n’ont pas d’occupation et ils n’ont pas d’autre alternative que sortir. »

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