Afrique du Sud: ouverture d'une enquête sur la «capture de l'Etat»

Jacob Zuma devant la Haute Cour de justice de Pietermaritzburg, le 27 juillet 2018.
© AFP/Phill MAGAKOE

En Afrique du Sud, une enquête sur l’un des plus gros scandales touchant l’ex-président Jacob Zuma, la « capture de l'Etat », s’est ouverte ce 20 août à Johannesburg. Il s'agit de la collusion présumée entre ministres du gouvernement Zuma et la richissime famille d'hommes d'affaires indiens, les Gupta. Selon un ancien ministre des Finances, plusieurs milliards d'euros auraient disparu des caisses de l'Etat pour aller dans la poche de cette famille avec la complicité de Jacob Zuma.

En Afrique du Sud, la « capture de l'Etat » représente le plus gros scandale impliquant Jacob Zuma. Il s'agit du pillage systématique des caisses de l’Etat par les Gupta avec l’aide de l’ex-président et de ses ministres.

Cette famille d’hommes d’affaires a nommé des ministres du gouvernement, choisi des présidents d’entreprises publiques qui lui étaient favorables ou influencé les choix politiques du gouvernement.

Le scandale a été révélé il y a deux ans par la médiatrice de la République dans un rapport dont l’ex-président a tout fait pour en empêcher la publication. L’ancien président Zuma a toujours nié son implication dans le pillage des ressources de l’État, malgré la fuite d’une série d’emails accablant mettant en cause l’emprise de la famille Gupta.

Deux ans d'enquête

Jacob Zuma a été contraint de démissionner en début d'année. La justice a fini par se saisir du dossier et a mis sur pied une commission d’enquête. Cette commission d’enquête est chapeautée par le juge Raymond Zondo, qui a été nommé par la Cour constitutionnelle.

Aujourd'hui, plusieurs acteurs sont appelés à témoigner. C’est le cas notamment de deux anciens ministres des finances, Pravin Gordhan et Nhlanhla Nene, tous deux limogés par Jacob L’ex vice-ministre des Finances Mcebici Jonas va également être entendu. En 2016, il avait révélé que les frères Gupta lui avaient offert 30 millions et demi d’euros en petites coupures, s’il acceptait de « travailler pour eux ».

L’enquête doit encore durer deux ans à l'issue desquels cette commission d’enquête ne pourra émettre que des recommandations. Reste à savoir si la police et le procureur de la République se saisiront de l’affaire et ouvriront une enquête judiciaire.

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