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Ouganda

Ouganda: une manifestation réclamant la libération de Bobi Wine reprimée

Des partisans du politicien ougandais Robert Kyagulanyi, connu sous le nom de Bobi Wine, récemment arrêté, ont mis le feu à des pneus et de spalettes de bois bloquant le trafic dans le centre de la capitale, à Kampala, en Ouganda, le 20 août 2018.
© STRINGER / AFP

En Ouganda, des heurts ont éclaté, ce lundi 20 août, dans la capitale, Kampala, pour la deuxième journée consécutive. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et tirs à balles réelles pour disperser des manifestants réclamant la libération d’un député de l’opposition, arrêté la semaine dernière. Bobi Wine, ancien chanteur devenu homme politique, a été arrêté mardi dernier après que des militants de l’opposition ont jeté des pierres sur le convoi présidentiel.

Des quartiers de la capitale ont été bouclés pendant plusieurs heures, ce lundi après-midi. L’armée et la police ont utilisé des gaz lacrymogènes et tiré des balles réelles pour disperser les manifestants.

Ils étaient plusieurs centaines à être descendus dans la rue pour protester contre l’arrestation de Bobi Wine, député de l’opposition. « Notre président est toujours enfermé, nous ne savons pas où, a expliqué un manifestant au micro de RFI. Il y a aussi d'autres députés. Nous devrions nous battre jusqu'à la dernière goutte de sang. Nous appelons tous les Ougandais à travers le pays, les organisations internationales et les amoureux de la démocratie dans ce pays à nous rejoindre dans cette révolution, cette lutte pour que nos camarades, nos collègues qui aiment ce pays avec passion soient libérés. »

Wine a été arrêté, mardi dernier, avec une douzaine de personnes à Arua, à 500 km de la capitale où il était venu soutenir le candidat de son parti, à une élection législative partielle. C’est alors qu’un incident a éclaté provoquant son arrestation. Des militants de l’opposition auraient jeté des pierres sur le convoi présidentiel.

Soupçons de torture

Bobi Wine a été inculpé pour « possession illégale d'armes à feu et de munitions ». Il n'a « jamais possédé aucun pistolet » affirme au contraire sa femme. Son famille et son avocat ont dénoncé un coup monté et accusé les forces de sécurité de l’avoir brutalisé lors de sa détention. Deux avocats qui ont assisté à l'audience de la Cour militaire, jeudi dernier, affirment qu’il aurait été torturé. Selon eux, lors de l’audience, Robert Kyagulanyi - de son vrai nom - tenait à peine debout selon eux.

Le porte-parole de l'armée ougandaise réfute cette accusation. Le président ougandais, Yoweri Museveni a réagi, qualifiant ces informations de fausses. L'un des avocats de Robert Kyagulanyi a écrit au chef des armées et au procureur général pour leur demander des explications, notamment à propos des soupçons de torture.

En tout cas, depuis son élection à l’Assemblée nationale, l’année dernière, Wine s’est imposé comme le porte-parole des jeunes et un détracteur virulent du chef de l'Etat qui, après trente ans au pouvoir, fait face à une contestation grandissante. Depuis son élection, sa popularité ne cesse de croître, comme nous  l'explique l’avocat des droits de l’homme et militant, Nicholas Opiyo

Nicholas Opiyo: «Bobi Wine symbolise la détresse d’un grand nombre d’Ougandais»
20-08-2018 - Par Alexandra Brangeon

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