Présidentielle à Madagascar: fin du dépôt des candidatures

La Haute Cour Constitutionnelle ne désemplit pas mardi 21 août 2018. Ici, Jean-Max Rakotomamonjy, président de l'Assemblée nationale, dépose son dossier pour participer à l'élection présidentielle.
© RFI/Sarah Tétaud

A Madagascar, le dépôt des candidatures à l’élection présidentielle du 7 novembre prochain s'est achevé ce 21 août. Ce qui a offert une dernière journée haute en couleur sur le parvis de la Haute cour constitutionnelle (HCC). Dix-huit dossiers ont été déposés ce mardi, ce qui amène à un total de 46 candidats. 

A Madagascar, tout est bon pour les candidats à la présidentielle pour créer l'évènement en venant déposer leur candidature devant la Haute cour constitutionnelle (HCC).

Après une candidate, Eliana Bezaza, venue déposer son dossier le 19 août à bord d’une charrette à zébus, un autre petit candidat, Faly Rasolonjatovo, est arrivé à la HCC ce 21 août escorté par une vingtaine de mannequins. Ce matin, les prétendants à la magistrature suprême se sont enchaînés sans discontinuer.

La foule était nombreuse devant le bâtiment de l’institution à tel point que les candidats et leurs partisans ont dû patienter aux abords de la HCC pour être sûr d’avoir la voie libre et de ne pas rater leur entrée devant les médias venus en masse pour cette dernière journée. Mais dans les 18 dossiers déposés ce mardi, trois ont particulièrement retenu l'attention.

L'ex-Premier ministre Olivier Mahafaly

Parmi les candidatures marquant de cette journée, on notera celle de l’ex-Premier ministre, Olivier Mahafaly. Il a été chef du gouvernement de 2016 jusqu’à juin 2018, date du dernier remaniement. Lors de sa démission en juin dernier, il avait lancé un fracassant « Ce n’est qu’un au revoir ». Il se présente donc contre celui qui l’avait nommé, le président de la République, Hery Rajaonarimampianina.

Durant la conférence de presse, ce matin, Olivier Mahafaly a affirmé qu’il n’était « pas un traître », ni un opposant du régime. Cependant , il assure n’avoir été qu’un simple exécutant durant ses deux ans à la tête du gouvernement. Désormais dit-il, il veut être un « acteur du redressement ».

« Il est temps pour moi d'apporter ma part à l'édifice pour sortir Madagascar de cette crise , a-t-il déclaré. En tant que numéro 2, en tant que Premier ministre, je n'étais qu'un simple exécutant. Mais actuellement je pense que je dois et j'ai le devoir de proposer à tous les Malgaches, mon propre projet de société. Nous avons besoin d'un leader qui sache écouter le peuple. On n'a pas besoin d'un leader omnipotent. Moi si le peuple le veut, je me proposerai comme ce leader. »

Le président de l'Assemblée nationale

Mais Olivier Mahafaly n'est pas seul ancien Premier ministre. Jean Ravelonarivo et Jean-Omer Beriziky se présentent également. Il y a aussi trois ex-ministres, Paul Rabary, Joseph Randriamampionona, et Rolland Ratsiraka.

L’actuel président de l’Assemblée nationale, Jean-Max Rakotomamonjy, s'est également porté candidat pour la première fois. Ancien soutien en 2013 du président Hery Rajaonarimampianina, il se présente sous la bannière de son parti, le Leader Fanilo. Il explique avoir des divergences de point de vue avec le président.

« Je ne suis pas contre le président Hery Rajaonarimampianina, a-t-il expliqué. Mais nous avons des points de vue divergents. Notre pays a besoin d'apaisement et de cohésion sociale, ce qu'il n'a pas pu retrouver jusqu'à maintenant. Donc je me sens le devoir d'apporter ma part de briques pour servir mon pays et le sortir de la situation dans laquelle il se trouve actuellement. »

L'ex-président Ratsiraka

Outre les dossiers de Olivier Mahalafy et de Jean-Max Rakotomamonjy, la candidature d'une troisième personnalité importante du paysage politique a été déposée ce mardi, celle de Didier Ratsiraka, ancien président de 81 ans, qui a dirigé le pays d'une main de fer de 1975 à 1993.

« Il a décidé à la dernière minute de se présenter. Comme il le dit toujours, même sur son lit de mort, il servira toujours le pays », a expliqué sa fille, venue déposer le dossier au nom de son père.

Et bien d'autres...

D'autres figures emblématiques de l'île ont décidé de tenter l'aventure, comme Dama, chanteur du groupe culte Mahaleo ; Pasteur Mailhol, le fondateur de la secte « Apocalypse », Fanirisoa Ernaivo, présidente du puissant syndicat des magistrats, ou encore Erick Rajaonary, entrepreneur de la Grande Île et patron du groupement du patronat malagasy.

Enfin, pour les autres candidats, il s'agit de médecins, de journaliste, de professeurs, d'économiste, d'hommes et de femme d'affaires ou tout simplement d'illustres inconnus. La liste des candidatures jugées recevables par la Haute Cour Constitutionnelle sera publiée au plus tard le 26 août prochain.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.