Ouganda: les réseaux sociaux se mobilisent pour la libération de Bobi Wine

Le chanteur et député d'opposition Bobi Wine, le 20 septembre 2017, à New York.
© Jamie McCarthy / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

En Ouganda, l'artiste Bobi Wine, en prison depuis une semaine, doit comparaître le 23 août pour possession illégale d'armes à feu. Sur les réseaux sociaux, les internautes ougandais se mobilisent pour réclamer la libération de celui qui est également député de l'opposition.

Incarcéré depuis une semaine pour possession illégale d’armes à feu, le chanteur et député d'opposition ougandais Bobi Wine doit comparaître ce 23 août devant un tribunal militaire.

Suite à la manifestation en sa faveur du 20 août réprimée par les forces de l’ordre, les internautes demandent sa libération immédiate et la condamnation des forces de sécurité. A coup de montages photos ou vidéos, le mot-clé (hashtag) #freebobiwine a déjà touché plus de 2 3000 personnes et certains tweets ont été partagé plus de 2 000 fois.

Certains commentaires s'interrogent : « Le pouvoir a-t-il le droit de traiter un homme ainsi ? ». D’autres félicitent Male Mabirizi, un avocat qui a déposé auprès de la Cour constitutionnelle une pétition demandant la libération immédiate du député de Kyadondo-Est.

Le communiqué du président ougandais Yoweri Museveni qui condamne les violences après l'arrestation de Bobi Wine apparaît « peu crédible et tardif » pour beaucoup d’internautes. « Time’s up » (« c'est fini »), écrit le compte Bulama Cleo sur le réseau social Twitter. Ceux qui sont moins acerbes critiquent quand même l’entourage du président. « Entourez-vous plutôt de jeunes Ougandais forts et énergiques », écrit un certain Nelson Luyima.

Lettre ouverte de personnalités

Sur les comptes sociaux des partisans du pouvoir en place, que plusieurs internautes qualifient de faux, l’incrédulité prédomine face aux images de violences dans le pays diffusées sur Internet. « Merci, monsieur le Président, écrit le dénommé Peter. Les dirigeants de l'opposition pensent qu’ils peuvent faire n'importe quoi ! »

Les internautes craignent une dégradation de la situation et un climat de peur dans le pays. Beaucoup expriment une vraie crainte surtout après une publication sur Twitter du journal The Observer qui raconte, photo à l’appui, que son photographe Alfred Ochwo a été violemment battu par des soldats aux côtés d'autres journalistes. « Notre Ouganda s'est transformé en un grand champ de bataille où même les journalistes sont maltraités alors qu’ils essaient d’informer le public, écrit un certain Ndyasingura Seith. C’est si triste ».

Le 21 août, un groupe de musiciens et de personnalités dont la chanteuse béninoise Angélique Kidjo, les musicien nigérian Femi Kuti et malien Toumani Diabaté ou l'écrivain nigérian Wole Soyinka ont publié sur le site Okay Africa une lettre ouverte au gouvernement ougandais demandant la libération immédiate de Bobi Wine. « Nous condamnons fermement l'arrestation, l'emprisonnement et l'attaque physique vicieuse et potentiellement mortelle perpétrée par les forces gouvernementales ougandaises contre le chanteur et député ougandais populaire, l'honorable Robert Kyagulanyi Ssentamu, a.k.a Bobi Wine », écrivent-ils.

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