A la Une: mardi noir pour Donald Trump

Le président Trump, le 19 août 2018 à Washington.
© REUTERS/Yuri Gripas

Mieux vaut en rire, semble dire le Chicago Tribune qui titre « La terrible, horrible, pas bonne, très mauvaise journée de Donald Trump » en reprenant là quelques adjectifs fétiches du président américain. « Deux de ses plus proches conseillers, Paul Manafort et Michael Cohen, tous deux membres de sa garde rapprochée, se sont révélés être des criminels et ceci en une seule journée! Et forcément toute la Nation se rappelle de cette phrase de Monsieur Trump, prononcée en pleine campagne électorale : 'je ne m'entourerai que des meilleurs et des plus sérieuses personnes’ ».

« Pour l'instant, constate le New York Times, Monsieur Cohen n'a pas donné son accord pour coopérer avec le procureur Mueller dans l’affaire des ingérences russes. Mais s'il se décide à le faire, les problèmes de Monsieur Trump s'aggraveront ». Selon le Washington Post « le plaider-coupable de Cohen risque de relancer le débat sur une procédure d'impeachment contre Donald Trump, mais n'aura probablement pas de conséquences légales pour le président ».

Car le président est protégé par son immunité présidentielle. Et une procédure d'impeachment n'est envisageable que si les démocrates arrivent à regagner la majorité au moins à la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat en novembre, note de son côté le Wall Street Journal.

#PetroCaribeChallenge : les Haïtiens demandent des comptes

En Haïti, un scandale de corruption fait toujours couler beaucoup d'encre.
Il s'agit des fonds gaspillés du programme PetroCaribe. 3,8 milliards de dollars censés financer ces dix dernières années des projets sociaux et d'infrastructures en Haïti. Deux rapports du Parlement haïtien avaient pointé du doigt la responsabilité d'une quinzaine d'anciens ministres et de hauts fonctionnaires haïtiens et de plusieurs entreprises haïtiennes et dominicaines. Mais ces rapports sont restés lettre morte.

Le Nouvelliste écrit aujourd'hui : « On se rappelle les déclarations du président Jovenel Moïse lors de sa visite officielle en France en décembre dernier devant des membres de la communauté haïtienne. Il assimilait le rapport parlementaire à une persécution politique. Il avait admis avoir des juges dans le système pour faire traîner le dossier ». Mais, poursuit le quotidien, « si le chef de l'État contrôle le système judiciaire, il y a un élément qui lui échappe : ce sont les réseaux sociaux ».

En effet #PetrocaribeChallenge fait le buzz sur la Toile. « Que des Haïtiens décident d'utiliser les réseaux sociaux pour demander des comptes sur le fonds PetroCaribe, c'est un bon début », souligne l'éditorialiste du Nouvelliste. « Chaque Haïtien doit savoir qu'il a son mot à dire dans la gouvernance du pays ». Et le quotidien de conclure : « Personne ne sait sur quoi cette initiative va déboucher. On se rappelle le rôle que les réseaux sociaux avaient joué dans le "Printemps arabe" ».

Équateur : gouvernement annonce des mesures pour répondre à la crise économique

C'est Lenin Moreno en personne qui a fait les annonces mardi soir à la télévision, rapporte El Telegrafo. Pour « réduire les dépenses publiques et baisser le déficit fiscal » le président équatorien a expliqué que son gouvernement allait commencer à serrer sa propre ceinture. Conséquence : « 20 institutions publiques seront supprimées. Parmi elles, sept ministères, mais aussi des agences et instituts ». Le gouvernement équatorien veut également limiter les subventions allouées au secteur des combustibles. Pour l'instant, seul le prix du super augmentera de 20 %. Pour la suite, Quito va organiser un « dialogue national pour trouver les meilleurs mécanismes d'utilisation » de ces subventions qui coûtent plus de 3 milliards de dollars à l’État.

L'autre grand sujet en Équateur reste le sort des réfugiés vénézuéliens qui s'entassent du côté colombien de la frontière.

Parce que depuis samedi, seuls les Vénézuéliens munis d'un passeport peuvent entrer sur le sol équatorien. L'éditorialiste d'El Universo est très remonté contre cette mesure du gouvernement de Quito. « Nos autorités savent qu'il est presque impossible d'obtenir un passeport dans le Venezuela d'aujourd'hui. Elles savent qu'en ce moment même des dizaines de milliers de Vénézuéliens errent sur les routes de notre continent. Elles savent que leur mesure d'exiger un passeport les transforme en migrants sans destination, à la merci de criminels qui offriront des passages clandestins de la frontière, peu importe le coût ou le danger encouru. Et nos autorités savent que c'est justement à notre frontière avec la Colombie que sévissent des bandes du narcotrafic ».

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.