Zimbabwe: la Cour constitutionnelle se penche sur l'élection de Mnangagwa

Le président Emmerson Mnangagwa lors d'une conférence de presse à Harare, le 3 août 2018.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

Au Zimbabwe, la justice se penche ce 22 août sur l’élection du président Emmerson Mnangagwa, le 30 juillet dernier, première élection sans l’ex-président Robert Mugabe. Le chef de l’Etat a été élu avec 50,8% des voix. L'élection s'est déroulée sans violences, mais l’opposition la conteste. Elle parle de fraude et demande l’annulation du scrutin.

Au Zimbabwe, la principale formation de l'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Nelson Chamisa, a déposé devant la Cour constitutionnelle un recours contre le résultat de la présidentielle, qui a permis à Emmerson Mnangagwa d'être élu.

La Cour constitutionnelle examine donc cette requête. Les avocats de l’opposition présentaient devant la Cour leurs arguments. L’opposition, qui affirme qu’il y a eu des irrégularités, se base sur les résultats qu’elle a collectés et les procès-verbaux dans chaque bureau de vote.

Elle affirme par exemple que dans certains bureaux, les votes étaient plus nombreux que les inscrits. Elle dénonce aussi la procédure électorale dans son ensemble, notamment le dépouillement des votes qui s'est fait sans agents électoraux de l'opposition ou la liste des électeurs qui n’a pas été rendue publique.

Pour elle, toutes ces irrégularités, aussi minimes soient-elles, montrent que les élections n’ont pas été conduites en accord avec la Constitution et doivent donc être invalidées. Le président Emmerson Mnangagwa a été élu avec 50,8% des voix, une avance suffisamment faible pour que ces irrégularités fassent la différence. Pour l’opposition, un second tour aurait dû avoir lieu.

Ces auditions doivent durer deux jours : la Cour constitutionnelle où siègent neuf juges doit entendre les arguments, non seulement de l’opposition, mais également du chef de l'Etat Emmerson Mnangagwa et du président de la commission électorale zimbabwéenne.

La Cour doit ensuite rendre son verdict dans les jours qui suivent. Elle peut confirmer les résultats, les invalider et appeler à un nouveau scrutin ou ordonner un recomptage des voix. Selon les experts, il y a peu de chance pour que la justice, considérée comme partisane, se range aux arguments de l’opposition.

Si la Cour constitutionnelle confirme les résultats, l’investiture du président Emmerson Mnangagwa, initialement prévue le 12 août mais reportée, devra se tenir dans les 48 heures.

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