Burundi: l'ONU appelle à un accord en vue d'élections «libres et justes» en 2020

Une femme vote à Ciri, dans le nord du Burundi, à l'occasion du référendum constitutionnel, le 17 mai 2018. (Image d'illustration)
© STR / AFP

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché une nouvelle fois sur le cas du Burundi ce 22 août à New York. Il a adopté à l'unanimité une déclaration qui salue les progrès enregistré dans le pays, notamment la décision du président Pierre Nkurunziza de ne pas briguer de nouveau mandat en 2020, tout en regrettant la lenteur des négociations.

Ce nouveau texte du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Burundi tranche avec tous les précédents. Cette fois, le Conseil reconnaît dès les premières lignes de son texte que la situation sécuritaire est calme dans le pays.

Il s'est aussi empressé de saluer la décision du président Pierre Nkurunziza de ne pas être candidat à sa succession en 2020. Sa candidature à un troisième mandat en 2015 avait plongé le Burundi dans une grave crise politique qui a fait au moins 1 200 morts et poussé à l'exil quelque 400 000 personnes.

Le Conseil de sécurité estime donc que la décision de Pierre Nkurunziza est un premier pas vers la réduction des tensions politiques au Burundi, même si « des efforts sont nécessaires pour la ténue d'élections crédibles » dans deux ans.

Il regrette à cet effet la lenteur du dialogue de sortie de crise entre le gouvernement et l'opposition et le manque d'engagement du pouvoir burundais. Les membres du Conseil de sécurité en appellent donc à tous pour qu'il y ait un accord bien avant 2020 en vue d'« élections libres, justes, transparentes et inclusives ».

Ne dîtes plus « crise » mais « situation »

Cette déclaration satisfait le pouvoir burundais, d'autant que le Conseil de sécurité semble désormais éviter les mots qui fâchent. Le représentant du Burundi auprès de l'ONU, Albert Shingiro, se réjouit de voir « le Conseil de sécurité tourner la page de 2015 pour se focaliser cette fois-ci sur l'organisation des élections de 2020 ».

Il ne cache pas non plus sa joie d'avoir obtenu, avec l'aide des amis du Burundi, que le mot « crise » soit désormais remplacé par « situation » pour parler de son pays et que toute allusion à la commission d'enquête de l'ONU sur les violations des droits de l'homme ait été retiré du texte final.

Du côté de l'opposition, la consternation prédomine. Le porte-parole du Conseil national pour la respect de l'accord d'Arausha (Cnared), la plateforme de l'opposition en exil, Pancrace Cimpaye, note ainsi « un recul du Conseil de sécurité sur tous les fronts ».

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