Burundi: discussions pour tenter de relancer le dialogue de sortie de crise

Le président burundais Pierre Nkurunziza, lors du vote du référendum constitutionnel, le 17 mai 2018.
© REUTERS/Evrard Ngendakumana

Les discussions en vue d’élections libres et inclusives au Burundi en 2020 butent depuis décembre 2015 au refus de Bujumbura de discuter avec une opposition en exil qualifiée de « putschiste ». Le pays vit une crise politique depuis trois ans et la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un 3e mandat aux présidentielles de 2015. Décision qui a provoqué au moins 1 200 tués et quelque 400 000 réfugiés

Les grandes manœuvres ont commencé au Burundi, en vue de sortir le pays de la crise. Une équipe du facilitateur Benjamin Mkapa vient ainsi de séjourner dans le pays et, après deux jours de discussions avec les parties présentes, le gouvernement burundais – qui assurait jusqu'ici que le référendum constitutionnel de mai dernier avait mis un point final au dialogue extérieur – envisage de participer à une cinquième et dernière session de ce processus, prévue vers fin septembre si rien ne change.

Mais comme le pouvoir burundais a toujours refusé de discuter avec le Cnared, qui regroupe l'opposition en exil et une partie de l'opposition interne, la facilitation a pris le soin de sélectionner parmi eux ceux qui sont acceptables aux yeux de Bujumbura.

Autre victoire pour le camp présidentiel, l'ordre du jour des discussions. On ne parle plus de crise ni de 3e mandat. Il sera plutôt question de discuter de l'organisation d'élections crédibles en 2020.

Mais comme l'opposition externe a peur de se rendre à Arusha en Tanzanie, considérée comme le principal allié de Nkurunziza, ces discussions de la dernière chance devraient se dérouler à Entebbe en Ouganda, sous la supervision du médiateur en chef, le président ougandais Yoweri Museveni.

La médiation a intérêt à aller très vite selon des observateurs, car Bujumbura continue d'avancer à son rythme. Après l'adoption d'une nouvelle constitution qui enterre l'accord d'Arusha, le camp présidentiel vient d'adopter sa feuille de route pour des élections de 2020. Et il est en train de reformer la Commission électorale indépendante, toujours sans l'opposition.

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