RDC: à Béni, on tente de s'adapter à la mortelle proximité du virus Ebola

Formation à la lutte contre le virus Ebola, près de la ville de Béni, le 11 août 2018.
© REUTERS/Samuel Mambo

Le virus Ebola poursuit sa progression dans l'est de la RDC. Jeudi soir, le ministère de la Santé avait recensé 63 morts causés par ce virus, principalement dans la zone de santé de Mangina-Mabalako, situé à une trentaine de kilomètres de Béni, dans la province du Nord-Kivu. Certes, la RDC n'en est pas à sa première épidémie d'Ebola. Le virus y sévit régulièrement depuis 1976, mais jusqu'à présent le Nord-Kivu avait été épargné. Peu à peu, la population de Béni, déjà en proie à de nombreux groupes armés, s'adapte pour faire face à cette nouvelle menace.

« Prévenez les gens, on est en épidémie ici, il ne faut pas qu'ils se touchent », s'exclame un agent de santé à l'aéroport de Béni, alors qu'une petite cohue s'est formée à l'arrivée du vol en provenance de Goma. Désormais, à chaque point d'entrée de la ville, le visiteur est accueilli par une prise de température et un point d'eau chloré pour se laver les mains. Il en est apparu un peu partout en centre-ville, installés par des ONG, mais aussi depuis peu à l'initiative de certains commerçants. Des passants s'y arrêtent parfois, d'autres préfèrent glisser un désinfectant dans leur poche. A Béni, on ne se salue plus ou alors seulement du coude. Peu à peu les réflexes changent.

« On commence à comprendre »

« Juste au début, raconte Ali Mbela, journaliste à la radio Muungano à Béni, les gens pensaient que c’était de la sorcellerie, mais avec la sensibilisation, quand on essaie de voir un membre de la famille qui meurt et avec les signaux qui se présentent, on commence maintenant à comprendre qu’effectivement, c’est vraiment le virus Ebola. Et chacun se demande quel sera le lendemain. Les activités sont là, mais les gens vivent vraiment la peur au ventre. Actuellement, les gens ne se saluent même pas, alors chacun a peur de l’autre ».

Flambée des prix

En fin d'après-midi les rues sont plus calmes qu'à l'accoutumée. « Les mamans interdisent à leurs enfants de sortir seuls. On ne les voit plus jouer comme avant », raconte une habitante, qui déplore également la flambée des prix de certains aliments. Le manioc par exemple, dont une partie provient habituellement de Mangina, l'épicentre de l’épidémie, et où certains revendeurs ou mototaxis n'osent plus s'aventurer. « Ce n'est pas la panique, mais on a quand même peur. On est dans le repli. On se méfie les uns des autres », témoigne un hôtelier.

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