Zimbabwe: la Cour constitutionnelle valide l’élection d’Emmerson Mnangagwa

Le président Emmerson Mnangagwa, à Harare, au Zimbabwe, le 3 août 2018.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

La Cour constitutionnelle du Zimbabwe a rejeté les arguments du Mouvement pour le Changement Démocratique de Nelson Chamisa et validé la victoire d’Emmerson Mnangagwa. Le candidat de l’opposition dénonçait des fraudes lors du scrutin du 30 juillet, dont il demandait l’invalidation du résultat. En vain. Le candidat de la Zanu PF le parti au pouvoir depuis l’indépendance sera investi président dimanche 26 août à Harare. Il a appelé « à la paix et à l'unité ».

Des arguments trop généraux, aucune preuve concrète : rien ne justifie d’organiser une nouvelle élection au Zimbabwe selon la Cour constitutionnelle. Après l’audience de mercredi 22 août, la Justice confirme la victoire d’Emmerson Mnangagwa, et valide les résultats du scrutin du 30 juillet, que Nelson Chamisa conteste depuis le premier jour.

Le MDC avait mis en avant la présence « d’électeurs fantômes » sur les listes électorales, des « erreurs mathématiques grossières » dans le décompte des voix, et évoqué des pressions exercées sur les électeurs durant la campagne, qui auraient pu influer sur leur vote. Mais la Cour Constitutionnelle a estimé qu’aucune preuve « directe, claire et suffisante » ne vient corroborer ces allégations.

De fait, le MDC n’a pas réussi à placer des observateurs dans chacun des bureaux de votes du pays comme il aurait pu. L’opposition n’a pas non plus demandé un recompte des votes qui aurait pu apporter de nouveaux résultats.

Une décision prévisible

La Cour constitutionnelle a donc confirmé l’élection d’Emmerson Mnangagwa à la Présidence du Zimbabwe, avec 50,7 % des voix. Un résultat conforme aux attentes selon les analystes, dans un pays où la Justice est considérée comme partisane. Le Président élu n’est en tout cas « pas du tout surpris par cette décision ». A ses yeux, « les résultats de cette élection correspondent aux sondages et sont conformes aux prévisions » des observateurs.

Le chef de l’État zimbabwéen lance aussi un appel à Nelson Chamisa : « Ma porte est ouverte, ma main tendue, nous sommes une seule nation, et nous devons faire passer notre Nation avant tout » écrit-il. Avant toutefois de déplorer « les manifestations violentes et inutiles » qui ont marqué cette élection. Une référence à la mobilisation de soutien de l’opposition le 1er août, qui s’est conclue par la mort de 6 personnes, abattues par l’armée.

L’investiture d’Emmerson Mnangagwa, qui avait dû être repoussée en attendant la décision de la justice aura finalement lieu ce dimanche. De son côté, l’opposition définitivement défaite promet que « la lutte continuera », pour libérer le Zimbabwe « de la pauvreté, de la corruption et de la malhonnêteté ».

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