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RDC Ebola

RDC: au Centre de traitement Ebola, à Mangina, on travaille d’arrache-pied

Les médecins évacuent le corps d'un patient sans doute atteint du virus Ebola le 22 août 2018 à Mangina, près de Beni, dans la province du Nord-Kivu.
© AFP/John Wessels

En République démocratique du Congo (RDC), l’épidémie d’Ebola continue de s’étendre, dans l’Est du pays, avec 67 décès, selon le dernier décompte du ministère de la Santé, publié au soir du vendredi 24 août. Un cas a également été confirmé à Oicha, ville située dans une zone « de grande insécurité », selon l’OMS qui redoutait ce scénario car il risque, selon elle, de compliquer la lutte contre l’épidémie. En attendant, experts et personnels soignants travaillent d’arrache-pied pour en venir à bout. A Mangina, épicentre de l’épidémie, le Centre de traitement Ebola (CTE), installé par Médecins sans frontières (MSF) et opérationnel depuis dix jours, accueille actuellement une trentaine de patients, sur une capacité de 70 lits. RFI s’y est rendue.

Les travaux se poursuivent au Centre de traitement de Mangina. A l’extérieur, ce vendredi, des villageois posent les fondations d’un nouvel abri qui pourra bientôt accueillir plusieurs garde-malades, soucieux d’accompagner leurs proches dans l’épreuve de la maladie.

Passée l’extrême urgence des premiers jours, MSF travaille à améliorer le quotidien des patients qui souffrent souvent, dans un silence forcé, des contraintes d’isolement qu’impose le virus Ebola. On les aperçoit, au loin, cas suspects d’un côté, cas confirmés de l’autre et, çà et là, quelques silhouettes, gestes lents et visages masqués des soignants dans leur imposante combinaison de protection.

Les soignants en première ligne

A l’entrée sur la gauche, des équipes déployées par le ministère de la Santé reçoivent, de la part de MSF, une formation sur les règles d’hygiène et de sécurité. Les mines sont concentrées. Ils n’ignorent pas qu’ils sont en première ligne. Quinze soignants sont déjà infectés, depuis le début de cette épidémie, le plus souvent pour avoir pris en charge, dans l’urgence, les premiers malades, eux qui n’avaient jamais été confrontés à cette épidémie.

Depuis le matin, ce jour-là, et malgré l’arrivée des traitements, deux nouveaux patients viennent de perdre la vie puis, soudain, résonnent des cris de joie… Des soignants accourent, sourire aux lèvres, vers la sortie et joignent leurs applaudissements à ceux des villageois venus accueillir et féliciter la 11ème guérie d’Ebola, « la 11ème victorieuse », comme l’on dit ici.

Sur soixante-dix-sept cas confirmés, onze patients sont guéris, selon le dernier décompte du ministère de la Santé.

Des soignants s'équipent au centre de traitement Ebola (CTE) de Mangina dans le Nord-Kivu. © Photo: Florence Morice / RFI

Voir le défunt en toute sécurité

Comment vaincre la méfiance d'une partie de la population vis-à-vis de la riposte contre Ebola ? La problématique ressurgit à chaque nouvelle épidémie. Le Nord Kivu n'est pas épargné. Entre réticence et incompréhension, plusieurs incidents violents ont été signalés cette semaine. Beaucoup de familles ne comprennent pas pourquoi leurs proches sont morts. Pour lutter contre cette résistance, MSF s'emploie à impliquer les familles. Un parcours pour visiteur existe désormais et, surtout, la morgue a été aménagée pour permettre aux familles de voir le défunt, en toute sécurité,

« Depuis plusieurs jours, nous sommes prêts à accueillir les gens ici, au niveau du CTE, pour discuter justement de ce qui s’est passé et surtout de ce que nous avons mis en place. Au niveau de la morgue, il y a une fenêtre et les hygiénistes y entrent dans les zones de haut risque, ouvrent le sac mortuaire et on ouvre aussi la fenêtre. Ainsi, la famille, de l’autre côté de la barrière, peut voir le visage du décédé. La famille et les proches, en effet, n’ont pas le droit d’ouvrir le cercueil, dès que le décédé part avec la Croix-Rouge. C’est vraiment primordial d’avoir ce lien avec la famille pour qu’elle fasse partie de ce processus et qu’elle se sente aussi impliquée dans l’enterrement », explique Léa Feldmann, responsable médicale dans le centre pour MSF.

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