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Éthiopie

L'arrivée au pouvoir d'Abiy Ahmed fait souffler un vent nouveau sur l'Ethiopie

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, lors de sa première conférence de presse, le 25 août 2018, depuis son entrée en fonction, en avril.
© REUTERS/Kumera Gemechu

En Ethiopie, le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a promis, samedi 25 août, des élections « libres et justes » en 2020. Depuis son accession à la tête du pays, il y a quatre mois, Abiy Ahmed a entrepris d’importantes réformes, notamment en levant l'état d'urgence et en libérant des prisonniers politiques.

Dans son premier discours devant la presse, depuis son accession au pouvoir en avril, Abiy Ahmed a tenu à rassurer. Les élections prévues en 2020 ne seront pas reportées et elles seront « libres et justes », a-t-il déclaré avant d’ajouter que des travaux ont été entrepris pour rendre la Commission électorale non partisane et « crédible ».

Lors des dernières élections, il y a trois ans, le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF), coalition qui dirige l’Ethiopie depuis près de 30 ans, avait raflé l’ensemble des sièges de la chambre basse du Parlement. Les partis d’opposition ont alors qualifié ces élections de mascarade.

« Le désir de la coalition, aujourd’hui, est de mener des élections réellement démocratiques »,  a indiqué Abiy Ahmed qui a également précisé que si la coalition perd, elle « tiendra sa promesse d’une transition démocratique ».

Il a entamé une grande brassée de réformes et il faut maintenant qu’il parvienne à les institutionnaliser pour pouvoir continuer la route. 2020 c’est dans deux ans et ça va pas être évident. Il faut qu’il arrive à survivre ce temps-là sur un système politique complètement mangé aux mites et qui n’a plus de dynamique interne. […] Il faut remettre les pendules à zéro, c’est peut-être la manière de se donner une respiration pour pouvoir rétablir l’ordre dans les provinces.

Pour le chercheur indépendant Gérard Prunier, spécialiste de la Corne de l'Afrique, il s'agit de réformes indispensables pour la survie d'un régime aux abois.
26-08-2018

Depuis son arrivée à la tête du gouvernement, Abiy Ahmed souffle un vent nouveau sur le pays. Outre la levée de l’état d’urgence et la libération des prisonniers politiques, il a aussi annoncé une refonte profonde du système politique. Il a, par ailleurs, tendu la main à son voisin, l’Erythrée et s’est engagé en faveur d’une ouverture économique.

Un vent du changement qui n'est pas du goût de tous. En juin dernier, lors d’un rassemblement politique à Addis-Abeba, le Premier ministre a échappé de justesse à un attentat qui a fait deux morts et plus de 150 blessés.

Le Premier ministre a par ailleurs annoncé le déblocage par la Banque mondiale de un milliard de dollars (860 millions d'euros). C'est la première aide budgétaire accordée à l'Ethiopie par l'institution depuis treize ans.

C’est une sorte de validation internationale de la situation éthiopienne. […] C’est essentiel parce que ce n’est qu’un début. Il y aura de nouveaux recours à l’aide internationale dans les mois qui viennent. […] C’est un début mais il faudra vite une croissance interne réelle, qui bénéficie réellement à la part de la population qui est la plus limitée financièrement.

Le chercheur indépendant Gérard Prunier, spécialiste de la Corne de l'Afrique, estime qu’il s’agit d’un signal important pour un pays qui manque cruellement de devises.
26-08-2018

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