L'Allemagne poursuit son processus de réparation envers les Herero de Namibie

L'un des 20 crânes de guerriers hereros et namas, exposé lors d'une cérémonie à l'hôpital de la Charité de Berlin, le 30 septembre 2011.
© REUTERS/Tobias Schwarz

Une délégation namibienne est actuellement en déplacement à Berlin pour recevoir les restes humains d’une vingtaine de personnes issues des peuples Herero et Nama, massacrés en actuelle Namibie par les colons allemands au début du XXe siècle. Il s’agit de la troisième mission de rapatriement de ce type. Elle s'inscrit dans le processus en cours visant à amener l’Allemagne à reconnaître officiellement le génocide et à indemniser les familles des victimes.

Près de 100 000 personnes ont été massacrées par la puissance coloniale allemande dans la province autrefois appelée Afrique du sud-ouest allemand. Pendant des décennies, la République fédérale a ignoré ce massacre, refusant d'accorder à l'actuelle Namibie excuses ou dédommagement. Ecoeurés, plusieurs représentants du peuple herero avaient déposé en 2017 une plainte devant un tribunal de New York, pour exiger réparation de l'Allemagne, rappelle notre correspondante à Berlin, Nathalie Versieux.

La nouvelle coalition au pouvoir à Berlin a décidé de se saisir enfin du sujet. Des ossements des victimes rapatriés en Allemagne voici plus d'un siècle à des fins de douteuses recherches médicales et conservés depuis dans plusieurs musées seront solennellement remis à une délégation de 45 Namibiens dans le cadre d'une messe oecuménique qui se tiendra dans la matinée à Berlin. Une occasion de plus pour les détracteurs namibiens de s'élever contre Berlin accusé de déléguer sa responsabilité aux Eglises plutôt que d'assumer son passé au niveau politique.

Juergen Zimmerer est professeur d'histoire africaine à l'université de Hambourg ; il affirme que le gouvernement allemand a mal géré ce problème : « C'est maintenant largement reconnu, au sein du gouvernement comme dans l'opinion publique, qu'il s'agit d'un génocide. Le problème maintenant, c'est de savoir comment y faire face. Jusqu'à présent, le Parlement a refusé de reconnaître le génocide en tant que tel. Ni la chancelière ni le président n'ont présenté d'excuses. Un procès international est en cours. Mais cela pourrait compromettre la cérémonie de mercredi parce qu'initialement certains Herero et Nama
qui ont engagé cette action en justice, ont refusé d'y participer. C'est un sujet très polémique, et ce n'est pas anodin si cette cérémonie est organisée. Ca reflète la façon médiocre dont le gouvernement allemand a géré ce dossier.
 »

La cérémonie de remise officielle doit avoir lieu ce mercredi matin.

RECOUTER La marche du monde : le génocide des Herero et des Nama (26.11.2016)

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