RDC: reprise surprise du procès des assassins présumés des experts de l’ONU

Les experts de l'ONU Zaida Catalan (photo de 2009) et Michael Sharp ont été assassinés dans le Kasaï, en mars 2017.
© BERTIL ERICSON, TIMO MUELLER / TT News Agency / AFP

Le procès des assassins présumés des experts de l’ONU a rouvert de façon inattendue en RDC, lundi 27 août. RFI avait enquêté sur cette affaire et dévoilé que la mission de l’américain Michael Sharp et la Suédoise Zaida Catalan a été organisée et facilitée par des agents de l’Etat, ANR, armée. L’un d’eux avait été arrêté, entre autres, sous pression de l’ONU, mais il n’était pas hier sur le banc des accusés.

José Tshibuabua n’était pas à l’audience de ce lundi, il n’est même pas sur la liste des accusés établie par le greffe. Pourtant il avait été officiellement inculpé en décembre dernier pour complicité dans l’assassinat des experts. Selon l’ANR [Agence nationale des Renseignements], au moment des faits, il était un simple informateur des services. Mais agent de l’Etat, il l'est devenu après la mort de Michael Sharp et de Zaida Catalan.

José Tshibuabua était au moment de son arrestation inspecteur au sein de la direction générale des Migrations. C’est l’ANR qui l’a fait arrêter et l’ANR qui assure qu’il aurait agi de son propre chef. José Tshibuabua était absent donc, à la surprise générale.

En revanche, deux nouveaux prévenus ont été présentés. Deux hommes qui se sont identifiés comme Vincent Manga, habitant de Gombe, et Constantin Tshidime dit Bula Bula, chef coutumier de Moyo Musuila. C’est non loin de là que les experts auraient été assassinés. Les autorités les accusent d’en être les véritables auteurs.

Sur les 4h d’audience, seul le dénommé Bula Bula a pu s’exprimer. Il a chargé son coaccusé Vincent Manga, l’accusant d’être un chef de milices, de l’avoir menacé de mort et forcé à accepter ses hommes dans sa localité.

Ce seraient ces miliciens qui auraient tué les experts. Vincent Manga aurait même dit avoir reçu l’ordre de Kananga. Le dénommé Vincent Manga devrait répondre lors de la prochaine audience prévue jeudi. Ce lundi, il s’est contenté d’assurer qu’il ne connaissait pas le dénommé Bula Bula.

Surprise des avocats de la défense

Les avocats de la défense des deux accusés disent avoir été pris de court par la reprise de ce procès, notifié, selon eux, hors délais samedi 25 août. Après 10 mois de suspension, ils expliquent avoir à peine pu parler à leurs clients, détenus au secret et interrogés sans la présence de leurs conseils ces derniers mois.

Le procès avait été suspendu le 22 octobre, officiellement pour permettre au procureur Robert Petit et à son équipe, nommée par le secrétaire général des Nations unies de l’ONU, de soutenir l’enquête judiciaire congolaise. Depuis, le Canadien s’est plaint au Conseil de sécurité du manque de coopération des autorités congolaises, expliquant que suspects et témoins sont régulièrement déplacés par les services de sécurité congolais, notamment l’ANR, la très redoutée Agence nationale des Renseignements.

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