Procès Bosco Ntaganda: accusation et défense jouent leurs dernières cartes

Bosco Ntaganda le 28 août 2018 devant la Cour pénale internationale de La Haye.
© Bas Czerwinski / ANP / AFP

Le procès de Bosco Ntaganda à la Cour pénale internationale (CPI) se trouve dans sa dernière semaine. L'ex-chef de guerre est accusé d'avoir commandité des meurtres, des viols et des pillages en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, il y a 15 ans.

Dernière ligne droite pour les avocats de l'ex-chef de guerre Bosco Ntaganda qui présentent leurs ultimes arguments devant la Cour pénale internationale de La Haye cette semaine. La défense déplore notamment le dépôt de faux témoignages et demandent au juge de bien peser le sens des mots qui peuvent parfois changer du swahili au français.

« Il est fondamental de comparer les éléments de la défense aux arguments de l’accusation, explique l'avocat de Bosco Ntaganda, Stéphane Bourgon. Selon le procureur, tous les témoins ont dit la vérité et toutes les preuves sont fiables. L’accusation a déclaré que Bosco Ntaganda a commis des meurtres. Monsieur le président du tribunal, nous disons que les preuves montrent qu’il n’a pas commis de meurtres. Si on regarde par exemple le seul élément à charge qui est le meurtre d’un prête nommé Bwanalonga, les preuves montrent qu’il n’a pas été tué par Bosco Ntaganda. A cet égard, la preuve apportée par la pièce 768 est simplement fausse ».

Lourd tribut

Avant les avocats de la défense, l'accusation a pris la parole ce matin devant la cour avec un retour sur des témoignages poignants sur l'impact des violences et des exactions sur les victimes. « Dans la cité de Mongbwalu, l’hôpital général a été pillé et saccagé. Le laboratoire de l’usine de Kilo-Moto a été détruit. Au cours de cette époque, plusieurs villages ont été incendiés. Les victimes ont vu leur maison partir en fumée. Plusieurs victimes ont vécu des actes inhumains dégradants. Les populations civiles qui n’avaient rien à voir avec le but de cette guerre ont eu à payer un lourd tribut. Ils ont vu leurs biens pillés, leurs champs dévastés. Monsieur le président, honorable juge, que de préjudices incommensurables ! Et jusqu’à ce jour, ces faits demeurent impunis ».

L'accusation et la défense ont jusqu'au 30 août pour présenter leurs derniers arguments. L'ancien chef de guerre Bosco Ntaganda est accusé d'avoir commandité des meurtres, des pillages et des viols commis par les troupes de l'Union des patriotes congolais (UPC) dont il était commandant en second, en Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) entre 2002 et 2003 : 13 crimes de guerre et cinq crimes contre l'humanité au total, pour lesquels il a plaidé non-coupable et encourt 30 ans de prison.

© RFI

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