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Afrique du Sud

Afrique du Sud: pillages et nouvelles violences xénophobes à Soweto

Des pillards vident une boutique dans le township de Soweto, le 29 août 2018.
© Twitter/Nompumelelo Mkhwanazi/via REUTERS

Dans le township de Soweto, près de Johannesburg, en Afrique du Sud, au moins quatre personnes sont mortes au cours d'une nouvelle vague de violences ayant opposé immigrés et Sud-Africains cette semaine. Deux commerçants d'origine étrangère ont été tués mercredi 28 août par une foule en colère et plusieurs magasins ont été détruits. En cause, des produits périmés auraient été vendus depuis plusieurs semaines. Mais le malaise est plus profond. Les violences xénophobes sont récurrentes dans les townships du pays, sans réelle réponse des autorités.

La façade éventrée de l'épicerie témoigne encore de la violence des événements. A l'intérieur, il ne reste plus qu'une étagère vide, tout a été pillé par les habitants comme cet homme qui souhaite rester anonyme.

« Je les aimais bien avant mais le problème c'est qu'ils nous vendent de la nourriture périmée. Et lorsqu'ils se sont installés ici, ils n'ont même pas embauché une seule personne du quartier. Ils ont amené les leurs pour travailler ici », explique-t-il.

Cet autre habitant de Soweto en est sûr, les commerçants étrangers ne respectent pas les conditions d'hygiènes et donc les clients sud-africains. « Ils cuisinent dans leurs magasins, ils urinent et font même leurs besoins à l'intérieur. Lorsque tu achètes du pain le matin, quelqu'un a dormi dessus toute la nuit. On en a assez maintenant. »

A quelques mètres des ruines, une autre épicerie est restée intacte. Elle appartient à Fikile, un vendeur sud-africain. « Oui, les commerçants étrangers sont trop nombreux à Soweto, dit-il. Ils sont beaucoup plus nombreux qu'il y a cinq ans. Et moi j'ai de moins en moins de clients maintenant. Ça a un impact sur mon chiffre d'affaire, c'est ça le problème. »

Vingt-neuf personnes ont été arrêtées par la police. Les autorités ont condamné les violences sans pour autant souligner leur nature xénophobe.

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