Devant la CPI, Bosco Ntaganda prend une dernière fois la parole

L'ex-chef de guerre Bosco Ntaganda entre dans la salle d'audience de la Cour pénale internationale de La Haye, le 2 septembre 2015.
© AFP PHOTO/ POOL / MICHAEL KOOREN

Le marathon judiciaire du procès de Bosco Ntaganda devant la Cour pénale internationale (CPI) est entré dans sa dernière phase. Après trois ans de procès, il a réouvert le 27 août pour les plaidoiries finales : trois jours au cours desquels l'accusation a dressé un tableau épouvantable des exactions présumées commises sous les ordres de l'ancien chef adjoint des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC) entre 2002 et 2003. De leur côté, les avocats de l'ancien chef de guerre ont présenté leurs arguments. Ils estiment que Bosco Ntaganda était un père pour ses soldats et ne méritait pas son surnom de « Terminator ». Ce 30 août, Bosco Ntaganda a pris la parole pour la dernière fois.

Costume bleu marine, lunettes sur le bout du nez, ses notes dans les mains, le chef de guerre Bosco Ntaganda a pris la parole, impassible, devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye ce 30 août. Il s'agissait de sa troisième intervention en trois ans de procès, qui a rouvert ce 27 août. A cette occasion, il s'est surtout exprimé en kinyarwanda, la langue du Rwanda. « Je maintiens ce que j'ai dit, a-t-il d'emblée déclaré. Je suis un révolutionnaire, pas un criminel »

L'ancien chef de guerre a brièvement rappelé son parcours depuis ses 18 ans, âge où il dit avoir pris les armes pour la première fois, à son ascension dans l'armée en passant par les rébellions jusqu'à ce premier mandat d'arrêt de la CPI en 2006 et sa reddition à l'ambassade américaine de Kigali, au Rwanda, le 18 mars 2013.

Comme lors de ses précédentes interventions, Bosco Ntaganda s'est décrit comme un militaire discipliné qui a eu a coeur d'être « un bon leader soucieux de donner l'exemple et n' pas hesité à punir des soldats coupables d'offenses ». Il a également rejeté toute accusation de ciblage ethnique, arguant que les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC) n'était pas composé d'un seul groupe ethnique, mais de plusieurs.

« Je suis en paix avec moi-même »

Si sa défense se voulait humaine, Bosco Ntaganda doit pourtant répondre de dix-huit chefs d'accusation au total, dont treize crimes de guerre et cinq crimes contre l'humanité commis entre 2002 et 2003, à savoir meurtres, viols, esclavage sexuel, attaque de civils et de biens protégés, pillage, transfert forcé de population et enrôlement d’enfants de moins de 15 ans.

« Ces allégations ne sont rien de plus que des mensonges, a déclaré l'ex-chef de guerre. Je suis en paix avec moi-même. J'espère que vous réalisez que le "Terminator" [son surnom] décrit par l'accusation, ce n'est pas moi ».

L'enjeu de ce procès est donc de démontrer que Bosco Ntaganda a bien donné les ordres et planifié les opérations pendant cette conquête de l'Ituri mené entre 2002 et 2003. S'il encourt jusqu'à 30 ans de prison, les victimes devront encore se montrer patientes : les juges de la CPI pourraient ne pas rendre leur verdict avant des mois, voire des années.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.