Congo-B.: la commission de lutte contre la corruption défend son indépendance

Vue de Brazzaville, capitale du Congo.
© Wikimedia/Jomako

Après son dernier rapport d'enquête dans lequel elle a épinglé le ministre des Hydrocarbures Jean-Marc Thystère Tchicaya, qui serait à l'origine de détournement de fonds publics estimés à plus de 2 milliards de FCFA, la commission nationale de lutte contre la corruption a été jugée impartiale pour avoir foulé au pied les principes du contradictoire et de présomption d'innocence. Son président s'est défendu mercredi en soutenant que tous ces principes ont été respectés, affirmant que cet organe travaille de façon indépendante.

Entre la commission de lutte contre la corruption, le ministre des Hydrocarbures et ceux qui le soutiennent, c'est un véritable ping-pong.

Répondant aux dirigeants de la majorité qui l'ont accusé de faire à sa tête en accusant ouvertement de détournements le ministre Jean-Marc Thystère Tchicaya sans respecter les principes des enquêtes, Lamyr Nguelé, président de la Commission, affirme qu'aucun principe n'a été violé, notamment celui du contradictoire.

« Le ministre Jean-Marc Thystère-Tchicaya a été écouté (durant l'enquête). Je ne rentre pas dans les faits ; mais il a été écouté, abondamment écouté. Il a lu, il a signé son procès-verbal avec la mention lu et approuvé », révèle M. Nguélé. Il soutient également que l'organe qu'il dirige, bien que placé sous l'autorité du Premier ministre, jouit d'une indépendance qui ne souffre d'aucune ambigüité.

« La Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude travaille en toute indépendance. Elle ne reçoit aucune injonction. Le Premier ministre auprès de qui elle est placée n'a jamais constitué d'entrave à son action. Même lorsqu'elle était placée auprès du président de la République, elle ne recevait pas d'instructions de sa part », argumente le président de la Commission. Lamyr Nguelé promet de poursuivre son travail, c'est-à-dire d'enquêter sur des gros et des petits poissons.


■ Programmé au 16 septembre, le verdict dans le procès de l'opposant Paulin Makaya, poursuivi pour complicité de tentative d'évasion des prisonniers fin 2016, a été ramené par la justice congolaise à ce jeudi 30 août. Le procureur avait requis un an d'emprisonnement ferme contre Paulin Makaya.

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