Les Eglises de Madagascar livrent leur portrait-robot du candidat idéal

Devant la cathédrale luthérienne de Toliara, à Madagascar. Les Eglises jouent un rôle moteur dans la société malgache et peuvent peser sur une élection présidentielle.
© FRANCOIS AUSSEILL / AFP

C'est une déclaration importante, d'une institution influente. Cette semaine, sur la Grande Île, le FFKM ou Conseil oecuménique des Eglises chrétiennes de Madagascar, a appelé les fidèles catholiques et protestants à aller aux urnes lors de l'élection présidentielle qui se tiendra en novembre prochain. Mais il a surtout dressé le portrait du candidat idéal à ses yeux. Un portrait en cinq points aux allures de consigne de vote sans toutefois donner un nom.

La déclaration est signée des quatre chefs des Eglises chrétiennes de l'île. Sans détour, elle liste cinq critères que le candidat à élire doit remplir, comme être exemplaire dans son comportement et sa lutte pour la vérité, avoir déjà démontré son aptitude pour la reconstruction du pays, ou être une personne d'ouverture.

Pour ce pasteur de la capitale, qui a préféré garder l'anonymat, un critère l'a particulièrement marqué. « Celui qui me semble le plus frappant surtout dans le contexte où la Constitution actuelle parle d'un Etat laïc, c'est de dire que le candidat idéal est un croyant mais qui croit d'une foi qui prône la Sainte Trinité. C'est une façon d'évacuer en quelque sorte les sectes, je ne sais pas si cela s'adresse au pasteur Mailhol, lui-même candidat à cette présidentielle. Ce qu'on peut lire aussi en filigrane et par ricochet avec cette conception de Dieu, c'est qu'on met hors-jeu un candidat de foi musulmane ou un candidat soutenu par de l'argent "musulman". »

A l'inverse de nombreux internautes qui ont qualifié cette déclaration d'« ingérence » du religieux dans la politique, David, athée, explique : « Personnellement, en tant que non croyant, cette publication ne m'a pas choqué. Parce que le FFKM a joué un vrai rôle de médiation dans tout ce qui est conflits politiques à Madagascar. Et ils ont quand même mentionné quelques bons points sur la façon dont nous devons réfléchir dans notre manière de choisir le prochain président. Et à partir du moment où ils ne donnent pas de nom de candidat, je pense que ce n'est pas une mauvaise chose. »

En affirmant « endosser le rôle de guide » pour aider les fidèles à choisir parmi les 36 candidats, l'Eglise se positionne une fois encore comme un acteur incontournable des élections. Une autorité spirituelle au poids sociopolitique indiscutable, capable d'influencer l'électorat.

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