Gabon: premier procès d'un ancien ministre pour détournement de fonds

Raffinerie Sogara de Port-Gentil, au Gabon (illustration).
© Creative Commons/AchilleT

Pour la première fois au Gabon, un ancien ministre va être jugé pour détournement de deniers publics. L'ancien ministre du Pétrole, Etienne Dieudonné Ngoubou, l'une des figures du premier mandat d'Ali Bongo Ondimba, risque la perpétuité. Son procès s'ouvre aujourd'hui devant la Cour criminelle spéciale de Libreville, la capitale.

Le 9 janvier 2017, le ministre de l'Energie et du Pétrole Etienne Dieudonné Ngoubou est subitement limogé du gouvernement gabonais. Deux jours tard, il est entendu, gardé à vue puis placé en détention préventive.

L'accusation lui reproche d'avoir détourné 5 milliards de francs CFA, soit près de 8 millions d'euros, lors de la gestion des contrats liés à la construction de deux centrales hydro-électriques, à Iboundji et Malinga, en 2014, quand il était ministre de l'Energie et du Pétrole.

Son procès s'ouvre aujourd'hui devant la Cour criminelle spéciale de Libreville, la capitale gabonaise. Pour Calvin Job, l'un de ses avocats, le dossier est vide et ne comprend ni élément comptable, ni élément factuel. « Cette affaire n'est qu'un règlement de comptes politique », assure l'avocat.

« Faire-valoir d'une opération anti-corruption »

L'ancien ministre fait office, selon lui, de « faire-valoir au président Ali Bongo dans le cadre de son opération anti-corruption alors que d'autres ministres actuellement en exercice ne sont pas inquiétés ».

Calvin Job rappelle aussi que le groupe des Nations unies sur la détention arbitraire a demandé en avril dernier la libération de l'ancien ministre, précisément parce qu'il n'avait pas eu accès à des informations suffisantes justifiant son incarcération.

Selon une source judiciaire au contraire, ce premier procès envoie un message clair : toute personne qui touchera aux fonds publics pour sa poche personnelle répondra de ses actes devant la justice, même s'il a été ministre.

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