Après-Brexit, économie, antiterrorisme: les enjeux de la visite de May au Kenya

La Première ministre britannique Theresa May et le président Uhuru Kenyatta le 30 août 2018 à Nairobi, au Kenya.
© Yasuyoshi CHIBA / AFP

Après le Nigeria et l'Afrique du Sud, Theresa May était au Kenya pour la dernière étape de sa tournée africaine. La Première ministre britannique a tenu ce 30 août une conférence de presse commune avec le président Uhuru Kenyatta.

Alors que le Brexit approche, Londres cherche des débouchés commerciaux hors Union européenne. La visite de Theresa May s'est donc d'abord focalisée sur l'économie. « Nous nous engageons pour qu’il y ait une transition en douceur, qui assure une continuité », a déclaré Theresa May ce 30 août au Kenya où elle clôturait sa tournée africaine après s'être rendu en Afrique du Sud et au Nigeria.

Certains biens kényans sont libres de douane et sans limites de quotas au Royaume-Uni. La Première ministre britannique a donc promis que ces arrangements seraient maintenus après le Brexit. Elle a cependant précisé qu’aucun accord ne pouvait être signé car Londres est toujours lié juridiquement à l’Union européenne.

Un compromis a néanmoins été signé sur le rapatriement des biens situés au Royaume-Uni et issus de la corruption ou du crime au Kenya. Un des grands projets actuels du président Uhuru Kenyatta consiste justement à combattre les malversations financières.

La Première ministre nous a assuré que les produits kenyans continueraient à accéder au marché britannique, aux tarifs préférentiels qui existent aujourd'hui. Et bien sûr nous cherchons aussi à voir comment nous pouvons améliorer le commerce entre nos deux pays. La Grande-Bretagne est et a toujours été notre premier partenaire commercial, et un des premiers investisseurs au Kenya. Et vu les assurances que l'on vient de nous donner, je ne pense pas que le Brexit va remettre en cause notre capacité à renforcer et approfondir nos échanges. On peut aussi travailler ensemble au sein de l'organisation du Commonwealth, pour voir comment utiliser cette institution. Ses membres ont des valeurs et des systèmes communs et on peut voir comment tourner cette situation à notre avantage en faisant la promotion d'échanges équitables entre les pays du Commonwealth. Donc je ne pense pas que le Brexit soit néfaste pour notre relation.
Uhuru Kenyatta, président du Kenya
30-08-2018 - Par Sébastien Nemeth

Concurrence chinoise

Londres cherche par ailleurs à tout prix des débouchés pour ses entreprises. Theresa May est donc venue à Nairobi avec 29 représentants d’entreprises britanniques. La Grande-Bretagne reste le premier investisseur étranger au Kenya. Nairobi importe environ 800 millions de dollars de biens et services venus d’outre-Manche malgré une montée en puissance très claire de la Chine.

« Il est loin, le temps où Land Rover était la voiture officielle du gouvernement kényan », écrit un éditorialiste. Londres doit donc montrer beaucoup d’ambition. Au début de sa tournée en Afrique, Theresa May avait annoncé qu’elle voulait faire des Britanniques les premiers investisseurs du G7 en Afrique d’ici 2022.

Ce 30 août, elle n’a cessé de vanter les opportunités offertes par le Kenya. Le président Uhuru Kenyatta s’est, lui, dit rassuré. « Je ne pense pas que le Brexit soit néfaste pour notre relation et qu’il empêchera nos deux pays de renforcer leur coopération », a déclaré le chef de l’Etat, qui doit quand même rencontrer le dirigeant chinois Xi Jiping ce 1er septembre. Preuve qu’il n’y aura pas de favoritisme pour les Britanniques.

Lutte contre le terrorisme

Les deux pays ont également signé un partenariat sécuritaire, notamment contre le terrorisme. Les Britanniques fourniront entre autres des machines pour détecter les explosifs dans les avions, sachant que le Kenya reçoit chaque année 100 000 touristes d'Outre-Manche.

Theresa May a aussi promis des financements supplémentaires pour la force africaine en Somalie chargée de combattre les islamistes shebabs. Une force qui compte des soldats kényans.

Le texte prévoit enfin une hausse du soutien britannique en termes de formation et de partage de renseignements. Londres financera aussi la construction, au Kenya, du premier centre de cybersécurité d'Afrique. Il sera principalement dédié à la lutte contre la pédophilie.

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