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Liberia France

France: arrestation d’un Libérien soupçonné de crimes contre l'humanité

Le Palais de justice de Paris, avril 2018.
© REUTERS/Benoit Tessier

En France cette semaine, un homme soupçonné d'exactions lors de la guerre civile au Liberia dans les années 1990 a été arrêté. Dénommé Kunti K., ce Libérien naturalisé néerlandais aurait été commandant au sein de l'une des factions opposées à Charles Taylor. Une enquête préliminaire le visant était en cours depuis le mois de juillet au parquet de Paris pour « crimes contre l'humanité et crimes et délits de guerre ».

Pour l'instant, il est difficile de savoir comment Kunti K est arrivé en France, en 2016. Possiblement par la route des migrants, mais l'enquête devra le confirmer.

En tout cas, selon le colonel Éric Emeraux, commandant de l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité, les génocides et les crimes de guerre, si Kunti K a été arrêté en région parisienne, c'est qu'il avait de bonnes raisons d'être là. « Dans ce genre de situations, les individus qui, à un moment donné, doivent fuir un pays ou un autre s’appuient sur la collectivité ou en tout cas les gens de la communauté de leur pays d’origine, a-t-il expliqué lors d’un entretien téléphonique. En l’occurrence, le Liberia. Donc cela se passe par l’entraide. »

Des membres de la communauté libérienne d'Ile-de-France auraient donc pu lui venir en aide. Là encore, l'enquête se poursuit. Une arrestation et une enquête d'autant plus précieuses qu'il n'existe pas de tribunal pour les criminels de guerre, au Liberia. D’où l'intérêt des investigations menées par Éric Emeraux. « Le but de l’Office chargé des crimes contre l’humanité est de chercher et interpeller tous les individus qui se sont rendus responsables de crimes contre l’humanité et qui ont trouvé refuge en France. Et surtout lutter contre l’impunité. »

L'ONG Civitas Maxima, qui défend les victimes de crimes de guerre et qui est à l'origine de la plainte, elle, n'a pas souhaité faire de commentaire.

Il a fallu le localiser en France. On a fait des recherches pour le retrouver.
Le colonel de gendarmerie Eric Aimeraux, commandant de l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité, les génocides et les crimes de guerre
07-09-2018 - Par Pierre Olivier

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