Congo-Brazzaville: des réfugiés rwandais non candidats au retour témoignent

Des photographies des victimes au Memorial du génocide à Kigali. De nombreux ex-réfugiés rwandais au Congo-B craignent de rentrer dans leur pays.
© REUTERS/Noor Khamis

Arrivés au Congo au lendemain du génocide rwandais de 1994 qui a fait officiellement au moins 800.000 morts, les réfugiés rwandais ont perdu leur statut depuis le 31 décembre 2017. Seulement 804 d'entre eux ont été exemptés de l'application de la clause de cessation de leur statut et une vingtaine viennent de recevoir leurs  documents d'intégration : un passeport de leur pays et un titre de séjour. Près de 8500 non exemptés ne sont ni candidats à cette intégration, ni au rapatriement volontaire. Ils refusent de rentrer chez eux pour des raisons qu'ils ont expliquées à RFI.

« Il n'y a pas quelqu'un dans ce monde qui peut dire qu'il aime notre pays plus que nous-mêmes », nous assure Jean-Bosco, ressortissant rwandais. Il parle ainsi pour montrer qu'il aime toujours son pays mais il exclut d'y retourner pour des raisons qui lui sont propres. « Aujourd'hui le problème n'est pas au rapatriement volontaire, à l'attribution d'un passeport», ajoute t-il, mais « c'est régler d'abord le conflit ethnique rwandais et le rapatriement aura lieu sans problème». Mais, aujourd'hui c'est vraiment impossible, regrette t-il.

Médiatrice est une citoyenne rwandaise qui a fui son pays avec ses parents alors qu'elle n'avait que trois ans. Elle a perdu son statut de réfugiée mais ne rêve pas de regagner Kigali, craignant de devoir subir une soumission. « Aujourd'hui on dit que même un enfant hutu, né hors du pays depuis les années 1994... doit s'agenouiller, reconnaître et demander le pardon aux Tutsis à cause du génocide qu'il n'a jamais connu », raconte Médiatrice.

Ignace lui n'imagine pas de répartir dans son Rwanda natal et de devoir cohabiter avec le pouvoir en place. « Je ne rêve pas de répartir volontairement au Rwanda aussi longtemps que le pouvoir de Kigali est en place », dit-il.

A ce jour à peine une quinzaine d'anciens réfugiés ont pu être rapatriés volontairement.

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