Gambie: journaliste, un métier qui a bien changé depuis la chute de Jammeh

Kairaba avenue, l'une des principales artères de Banjul, la capitale de la Gambie.
© RFI / Claire Bargelès

La Gambia Press Union, le syndicat des journalistes en Gambie, tenait son congrès triennal ces 7 et 8 septembre pour élire un nouveau bureau et faire le point sur les actions entreprises par le syndicat. Le métier s'est transformé depuis le départ de Yahya Jammeh qui prenait régulièrement les journalistes pour cible, mais la profession attend encore certaines réformes clés pour pouvoir définitivement tourner la page.

Emil Touray, journaliste et président sortant du syndicat, a été arrêté et conduit devant les tribunaux sous l'ancien régime pour avoir exercé son métier. Des risques qui sont selon lui du passé : « Le journalisme était devenu un métier dangereux dans ce pays. Mais depuis le changement de régime, les journalistes peuvent faire leur travail sans craindre d’être kidnappés, ou arrêtés et torturés », explique-t-il.

Mais même si la liberté est bien plus grande qu'avant pour les journalistes, Hadidja Jawara, membre de la Gambia Press Union, le syndicat des journalistes en Gambie, rappelle que les réformes n'en sont qu'à leurs débuts : « Quand le nouveau gouvernement est arrivé au pouvoir, ils ont fait la promesse de réformer les lois sur les médias, rappelle-t-elle. Mais nous sommes deux ans plus tard et aucune loi n'a été changée par l'Assemblée nationale. La loi sur la sédition par exemple. Et avec le syndicat, on soutient la création d'une loi d'accès à l'information. »

Et pour Kebba Jeffang, il faut aussi sensibiliser le public au rôle des journalistes. Le jeune reporter a été agressé l'année dernière par des militants lors d'une conférence de presse. « Si vous soulevez certaines questions, les supporters des partis s'en prendront à vous, journalistes. Trois incidents se sont déjà produits sous le nouveau gouvernement, assure-t-il. C'est parce que Jammeh a construit le système ainsi, il nous a donné cette mauvaise image. Il faut bien comprendre que les journalistes ne sont pas là pour poser les questions qui font plaisir, mais celles qui vont faire avancer le pays. »

Le syndicat travaille aussi sur la mise en place d'un Conseil des médias pour réguler les différentes pratiques. 

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