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RDC

Finances: en RDC le fonctionnement de la Céni épinglé dans un audit d'ONG

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Corneille Nangaa (au centre), en novembre 2017 à Kinshasa, lors d'une annonce du nouveau calendrier électoral pour les élections de 2018 par la CENI (illustration).
© AFP/John Wessels

Comment la Commission électorale en RDC dépense-t-elle son argent ? Ces deux derniers mois, un groupement de 12 organisations de la société civile spécialisées dans les questions de finances publiques, s'est penché sur cette question cruciale. Résultat, dans un rapport (publié en fin de semaine dernière), l'Observatoire de la dépense publique s'inquiète du manque de respect des procédures de passation des marchés prévues par la loi.

Pendant deux mois l'ONG a épluché une vingtaine de documents publics: plans de passation des marchés publics, rapport de l'autorité de régulation des marchés mais aussi des rapports de la Commission électorale sur les dépenses effectuées.

Un certain nombre d'incohérences ont été constatées. Exemple : la Céni déclare avoir dépensé 168 000 dollars de plus que ce que le gouvernement lui a octroyé comme budget entre 2014 et 2017. Comment un tel écart est-il possible ? s'interroge l'ONG.

Autre problème: l'absence trop fréquente d'appels d'offres. Près de 80% des dépenses effectuées par la Commission électorale se font sur autorisation spéciale, selon l'ONG, c’est-à-dire sans passer par un appel d'offres qui permet de mettre plusieurs entreprises en concurrence.

à (re)lire: Polémique autour d’un contrat entre la Ceni et une entreprise américaine

Pour Valéry Madianga, porte-parole de l'Observatoire de la dépense publique, ce non-respect des procédures est inquiétant. « Il n’y a pas de transparence, nous n’avons vu aucun dossier d’appel d’offres de la CENI. La Commission électorale ne respecte pas les règles de transparence comme la loi le réclame en RDC. »

Résultat, l’ONG appelle le Parlement à auditer la Commission électorale sur l'utilisation des fonds alloués aux opérations électorales. Elle demande aussi au gouvernement de limiter le recours aux autorisations spéciales pour attribuer un marché à une entreprise sans appel d'offres. La Commission électorale de son côté, interpellée pour réagir aux conclusions de ce rapport, a refusé de s'exprimer.

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