Burkina Faso: poursuite du procès du coup d'Etat manqué de septembre 2015

Des civils triomphants recouvrant un ancien blindé de l'ex-Régiment de sécurité présidentielle, formation putschiste, le 6 octobre 2015 à Ouagadougou (image d'illustration).
© RFI / Yaya Boudani

Au Burkina Faso, le procès du coup d'Etat manqué de septembre 2015 se poursuit. Cela fait maintenant des mois que les accusés passent à la barre pour leur version des faits. Depuis vendredi dernier, c'est au tour du lieutenant Limon Jacques de s'expliquer sur des messages envoyés à l'un des officiers de l'ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) pendant la tentative de coup d'Etat. Pour le parquet militaire, le lieutenant a profité de sa position au niveau du ministère de la Défense pour donner des informations confidentielles et stratégiques au capitaine Oussène Zoumbri de l'ex-RSP. Le lieutenant Limon se dit victime d'un règlement de compte de la part de l'expert ayant analysé les téléphones des accusés, car ayant rejeté le dossier de ce dernier une première fois pour des irrégularités liées à la passation du marché.

Le lieutenant Limon Jacques occupait le poste de directeur du cabinet au ministère de la Défense au moment de la tentative de coup d'Etat. C'est lui qui traitait tous les courriers, même confidentiels, du ministre. Selon le parquet militaire, le lieutenant Limon Jacques a profité de sa position au ministère de la défense pour renseigner les militaires de l'ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) sur toutes les actions prévues pour faire échec au coup d'Etat.

« Agent de renseignement »

« C'était l'agent de renseignement du général Gilbert Dienderé », selon le parquet militaire. « Je n'ai jamais été en contact avec le général Diendéré. Je n'ai jamais fourni d'information confidentielle au capitaine Zoumbri » se défend de son côté le lieutenant Limon Jacques.

Il ajoute que l'expert lui en veut, pour avoir rejeté une première fois le contrat du marché pour l'expertise des téléphones. Et c'est suite à une pression du directeur de la justice militaire, qu'il finira par laisser passer le document de plusieurs centaines de millions de francs CFA pour signature. « A ce jour, personne ne m'a réclamé mon téléphone pour une expertise. Alors pourquoi m'opposer des messages extraits du téléphone d'une autre personne ? » souligne l'accusé, qui soutient la thèse du complot contre sa personne.

« Je passe »

« Je ne reconnais pas les messages extraits du téléphone du capitaine. ces messages ont été falsifiés », martèle-t-il à la barre. Pour le parquet militaire, cette affaire de règlement de compte suite au rejet du dossier de l'expert est une « diversion » et persiste dans l'affirmation que le lieutenant Limon Jacques était bien la « taupe » du RSP au ministère de la défense. « Avez-vous les preuves du tripatouillage des messages extraits du téléphone du capitaine Zoumbri ? » demande-t-il à l'accusé. « Je passe », répond l'accusé. L'assistance éclate de rire. Et le président tribunal exige le silence dans la salle d'audience 

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