L'Erythrée fait son grand retour au sein de l'Igad

Le président érythréen Isaias Afeworki et le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed hissent le drapeau érythréen lors d'une cérémonie d'inauguration marquant la réouverture de l'ambassade d'Érythrée à Addis-Abeba, le 16 juillet 2018. (Photo d'illustration)
© MICHAEL TEWELDE / AFP

Ce mercredi 12 septembre marque le retour officiel de l'Erythrée au sein de l'Igad, l'organisation qui regroupe les pays est-africains. Les chefs des Etats concernés se réunissent en sommet extraordinaire à Addis Abeba en Ethiopie. Ce retour d'Asmara dans le giron de l'Igad arrive après plusieurs progrès diplomatiques.

C'est le grand retour de l’Erythrée dans l'Igad, 11 ans après avoir claqué la porte. Asmara avait quitté l’organisation en avril 2007 sur fond de tension avec l’Ethiopie et la Somalie.

Son retour était bloqué par les autres Etats membres, notamment à cause des sanctions internationales prises par l’ONU en 2009, mais surtout par l’Ethiopie qui conserve la présidence tournante de l’Igad depuis 2008.

Aujourd’hui, la donne a bien changé dans la région. L’Ethiopie et l’Erythrée ont fait la paix. Les deux pays ont rouvert des ambassades, une liaison aérienne, deux postes-frontières. Il y a eu également un réchauffement avec la Somalie et plus récemment avec Djibouti, qui a toujours un litige frontalier avec l’Erythrée.

En réintégrant l’Erythrée, l’Igad récompense en quelque sorte les efforts diplomatiques du pays en pleine ouverture.

Le Soudan du Sud au coeur des discussions

Alors que la guerre civile fait rage depuis 2013, le Soudan du Sud est au bord d’un nouvel accord de paix, même s’il reste des obstacles. Les belligérants ont été invités à Addis Abeba. Les ministres de l’Igad vont examiner le texte final, approuvé par pouvoir et opposition, mais pas encore définitivement signé.

Il va y avoir des réunions à huis clos sur le sujet. Le problème c’est que plusieurs mouvements d’opposition ont encore des réserves sur le processus de modification constitutionnelle, sur le nombre d’Etats fédéraux, leurs délimitations, etc.

Il y a encore deux jours, le NAS a annoncé qu’il ne signerait pas l’accord final en l’état. D’autant que sur le terrain, le cessez-le-feu reste fragile. Le SPLM-IO de l’opposant Riek Machar, accuse l’armée d’avoir lancé une offensive, mardi matin, dans l’Etat de Yei River et de faire livrer par avion des armes dans la région.

Le mouvement demande à l’Igad de condamner ces attaques. Donc on reste dans l’incertitude. D’ailleurs il n’y a pas de cérémonie officielle prévue dans le programme de l’Igad aujourd’hui. David Shearer, le chef de la mission de l’ONU au Soudan du Sud s’est lui dit optimiste. « Nous sommes arrivés à un point où je serais très surpris que les parties refusent de signer. Mais certains pensent qu’on leur force trop la main », a-t-il déclaré.

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