Procès Diendéré au Burkina: le lieutenant Honoré Gorgo s’explique

Le Palais de justice de Ouagadougou (photo d'illustration).
© AHMED OUOBA / AFP

Le lieutenant Honoré Gorgo a été cité par plusieurs accusés durant leur comparution devant le tribunal. En sa qualité de commandant d'une unité, au sein du groupement des unités d'intervention de l'ex-régiment de sécurité présidentielle, plusieurs soldats ont déclaré avoir reçu ses instructions dans le cadre des missions durant la tentative de coup d'Etat. Accusé de complicité d'attentat à la sûreté de l’Etat, de meurtres, coups et blessures volontaires, l'officier rejette toute participation dans l'arrestation et la séquestration des autorités de la transition.

Le lieutenant Honoré Gorgo fait partie des accusés qui ont reçu les compliments du parquet et des avocats des parties civiles devant le tribunal pour la constance dans leur déclaration. Le lieutenant a expliqué comment il a confié des missions à plusieurs soldats de l'ex-régiment de sécurité présidentielle : « J'ai instruit le sous-lieutenant Zagré d'empêcher tout rassemblement à la place de Nation pour éviter des affrontements », a reconnu l'accusé devant le tribunal. Le lieutenant Honoré Gorgo affirme que son supérieur hiérarchique, chef de corps par intérim du RSP, lui aurait dit de faire réintégrer en caserne tous les hommes qui patrouillaient et laisser le général Gilbert Dienderé et les politiciens « gérer la crise ».

« Tout le monde n'est pas rentré, car il y avait encore des récalcitrants, des éléments incontrôlés dans les rues. Ceux qu'on appelait le commando invisible », relate le lieutenant.

A la question du parquet de savoir s'il était opposé ou non au coup d'Etat, le lieutenant répond qu'il était sceptique quant à l'aboutissement de l'action : « Les officiers avaient été mis à l'écart du projet. C'était une action de quelques sous-officiers », dit-il. Mais il affirme être resté au camp pour accomplir ses missions habituelles.

Le lieutenant Honoré Gorgo reconnaît que si le chef d'état-major général des armées avait dès le début de l'arrestation et la séquestration des autorités de la transition donné « des directives claires, on n'en serait pas là ».

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