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Algérie France

Réactions positives à Alger après le mea culpa de la France dans l'affaire Audin

Le ministre algérien des Anciens combattants et son homologue français Jean-Marc Todeschini lors d'une cérémonie du souvenir en mémoire des Algériens ayant combattu dans l'armée française pendant la Seconde Guerre mondiale.
© JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Emmanuel Macron a reconnu jeudi la responsabilité de l'Etat français dans la mort « sous la torture » de Maurice Audin, un mathématicien communiste et anticolonialiste arrêté le 11 juin 1957 pendant la bataille d'Alger, une décision réclamée de longue date, attendue par la famille Audin et par le PCF, et qualifiée d'« historique » par les spécialistes. Outre-Méditerranée, Alger parle d'une « avancée ».

Dans le centre d’Alger, il y a une place Maurice-Audin inaugurée en présence de François Hollande en 2012. Sur cette place, il y a une plaque à la mémoire du mathématicien, qui mentionne qu’il a été arrêté par les parachutistes français, torturé à Alger puis porté disparu.

La première réaction officielle aujourd’hui à la déclaration d’Emmanuel Macron a été celle du ministre des Anciens combattants Tayeb Zitouni, qui estime sur un plateau de télévision que la reconnaissance de la France de sa responsabilité est « un pas positif louable ». Il estime que cette décision est la preuve qu’il y aura davantage de reconnaissance des crimes commis pendant la colonisation.

La presse parle d’un petit geste, d’une promesse tenue. Les militants eux soulignent que c’est certes un geste important d’Emmanuel Macron, qui va dans le bon sens, mais qui est surtout l’aboutissement de décennies de bataille de la famille de Maurice Audin mais aussi d’historiens, et de personnalité de la société civile des deux pays.

Jeudi, le président français Emmanuel Macron s'est déplacé au domicile de la veuve de Maurice Audin, Josette Audin, 87 ans, pour lui remettre publiquement une déclaration reconnaissant que la disparition à 25 ans de son mari et père de trois enfants avait été « rendue possible par un système dont les gouvernements successifs ont permis le développement ». Par ce document, Emmanuel Macron « reconnaît, au nom de la République française, que Maurice Audin a été torturé puis exécuté, ou torturé à mort ».

Pour le ministre des Anciens combattants algériens, Tayeb Zitouni, c'est "la preuve qu'il y aura d'avantage de reconnaissance des crimes commis pendant la colonisation". Hakim Haddad est un militant qui travaille pour le rapprochement entre l'Algérie et la France. Pour lui, c'est aussi un premier pas...
Reportage à Alger
13-09-2018 - Par Leïla Beratto

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