Soudan du Sud: que prévoit le nouvel accord de paix?

Des membres de l'armée sud-soudanaise attendent l'arrivée du comité d'inspection de la mise en oeuvre du cessez-le-feu, à Juba, en avril 2016.
© ALBERT GONZALEZ FARRAN / AFP

Mercredi soir, les belligérants sud-soudanais, le président Salva Kiir et son rival Riek Machar, ont signé un compromis à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. Cet accord est le premier du genre depuis trois ans, après celui de 2015 qui n'avait pas été respecté. Une signature qui est l'aboutissement de 15 mois de négociations avec les médiations de l’Ethiopie, du Soudan, de l’Ouganda ou encore du Kenya.

Ce nouveau texte reprend en partie de précédents accords intermédiaires. Aujourd’hui s’ouvre donc une prétransition de huit mois, suivie d’une transition de trois ans, avec au bout des élections. Entre temps, Salva Kiir reste président. Son principal adversaire Riek Machar devient premier vice-président, mais le diable se cache dans les détails.

L’opposition menaçait de ne pas signer et le président Kiir a donc visiblement accepté des compromis. Un comité sera chargé de délimiter les Etats fédéraux, qui devront respecter les territoires des tribus. Un enjeu crucial, car l’opposition accuse le président de chercher à favoriser son ethnie, les Dinkas. Le quorum du Conseil des ministres, nécessaire pour que le gouvernement prenne des décisions, devra désormais atteindre 23 ministres, parmi lesquels six de l’opposition. Enfin pour les questions de sécurité, le problème va être présenté à l’ONU, pour pouvoir créer une force avec des soldats de tous les pays de l’IGAD, afin de veiller à l’application du texte sur le terrain.

Enthousiasme mitigé

Suite à ce nouvel accord de paix, les réactions sont mitigées. L’organisation de la société civile CEPO dit qu’il faut maintenant appliquer l’accord et que le plus dur est à venir. L’opposant Lam Akol parle lui d’un « grand moment pour le peuple ». Le ministre des Affaires présidentielles insiste sur les compromis nécessaires qu’a dû faire le président Salva Kiir.

Mais les pays étrangers sont très sceptiques. Il n’y a qu’à voir le discours prononcé mercredi soir par la troïka : Grande-Bretagne, Etats-Unis, Norvège. Le trio s’est dit préoccupé par le niveau d’engagement des parties envers cet accord. Certains spécialistes n’y croient d’ailleurs pas. Klem Ryan qui a été membre du panel de l’ONU sur le Soudan du Sud, parle du « profond scepticisme » des diplomates qui voient ce document comme « incohérent, vague sur des points cruciaux » et ne permettant pas « une paix durable ».

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