Entre Ethiopie et Erythrée, un long chemin vers la normalisation

Les drapeaux éthiopien et érythréen flottent lors de l'arrivée du ministre érythréen des Affaires étrangères, Osman Saleh, à l’aéroport international de Bole, à Addis-Abeba, en Ethiopie, le 26 juin 2018.
© REUTERS/Tiksa Negeri

Dans leur nouvel accord de paix signé dimanche 16 septembre en Arabie saoudite, Ethiopie et Erythrée ont rappelé que la guerre était terminée, qu’ils allaient travailler à une coopération dans de multiples domaines, que des zones économiques exclusives allaient être mises en place. Les deux pays ont répété que les conclusions de la Commission sur la frontière seraient respectées ou encore qu’ils combattraient le terrorisme et les trafics. Pour autant, malgré de nettes avancées le chemin reste long avant une normalisation de la situation dans la région.

Malgré la paix signée, la réouverture de la frontière ou encore d’une ligne aérienne, Ethiopie et Erythrée en sont encore au stade du symbole. Pour Matt Bryden, co-fondateur du groupe Sahan Research, une signature à Jeddah montre que « l’Arabie Saoudite peut se positionner comme garant dans les relations entre les deux pays, si l’accord n’est pas respecté ». Rashid Abdi, de l’International Crisis Group, y voit aussi un moyen pour les Arabes « d’améliorer leur image, de montrer qu’ils veulent résoudre des conflits et qu’ils ont de l’influence, notamment face à leur rivaux Qataris ».

Zones d'ombre

Pour autant, le texte contient beaucoup de zones d’ombre. Si Addis Abeba et Asmara s’engagent à respecter les conclusions sur la frontière, la question reste éminemment complexe. « Cela implique une démarcation précise, savoir quel village est de quel côté. Il faudra aussi former une commission technique pour résoudre les causes du conflit, se concentrer sur le désengagement des troupes. Cela va prendre des années », indique encore Rashid Abdi.

Le plus dur reste à faire

Le texte de Jeddah annonce de futures zones économiques spécifiques. On pense ici aux ports érythréens sur lesquels l’Ethiopie, pays enclavé, a des vues et qui lui permettrait d’être moins dépendent des infrastructures djiboutiennes. Quant à une reprise des échanges, là encore, beaucoup de questions se posent. « Il faudra trouver des termes commerciaux, savoir quelle valeur donner au nakfa, la monnaie érythréenne, et quelle relations interbancaires établir », indique de son côté Matt Bryden. Bref, malgré la force des symboles, le plus dur reste à faire entre les deux voisins.

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