20 ans de la CPI: en RCA, l'amertume des victimes des miliciens de Bemba

Jean-Pierre Bemba ici à Bruxelles le 24 juillet 2018.
© REUTERS/Francois Lenoir

En Centrafrique, plusieurs événements sont organisés cette semaine à l'occasion des 20 ans de la CPI. Le greffier de la Cour ainsi que le directeur du fonds pour les victimes sont en visite toute cette semaine pour des rencontres avec les autorités et les acteurs sur le terrain. Une fête qui a un goût amer pour les victimes des miliciens de Jean-Pierre Bemba qui ont sévi sur le territoire d'octobre 2002 à mars 2003 faisant des milliers de victimes.

Quand madame Brigitte raconte son histoire, les larmes ne sont pas loin. Les événements se sont déroulés en 2002, mais les blessures sont encore grandes ouvertes : « Les Banyamulenge sont venus tuer mon père, les Banyamulenge ont tué ma mère. Et ça me fait mal au coeur. Actuellement, je souffre parce que ma situation est critique. Je vis difficilement. Ils ont incendié ma maison, ils ont tout pillé et je suis veuve. On souffre beaucoup. Bemba est devenu politicien, mais nous autres les victimes, qu'allons-nous devenir ? »

Plus de 5 000 victimes ont officiellement été répertoriées en Centrafrique. Ce jeudi 20 septembre, certaines souhaitaient même manifester pour exprimer leur colère.

Un désespoir entendu par le greffier de la CPI, Peter Lewis : « Il est inévitable que parfois les accusés soient acquittés. Mais cela ne signifie pas que des événements terribles ne se soient pas produits. Le jugement dans l'affaire de Jean-Pierre Bemba ne doit pas être interprété comme si la Cour ne reconnaissait pas que des choses terribles se sont produites en République centrafricaine. »  

Le fonds au profit des victimes de la CPI assure qu'un programme d'assistance d'une valeur d'un million d'euros sera prochainement mis en place. Une assistance très attendue 15 ans après les faits.

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