Kenya: il y a cinq ans, l’attaque du Westgate

Un officier de police tient son arme à la main tandis que les clients fuient la fusillade. Westgate shopping mall, Nairobi, le 21 septembre 2013.
© REUTERS/Noor Khamis

Il y a cinq ans, le Kenya vivait quatre jours d’horreur en plein cœur de la capitale Nairobi avec l’attaque du Westgate. Du samedi 21 au mardi 24 septembre 2013, des combattants shebabs ont occupé ce centre commercial faisant 61 victimes civiles et tuant six policiers tués.

Peu avant midi, ce samedi 21 septembre 2013 il y a cinq ans, les terroristes lancent des grenades et tirent sur la foule. « C’était comme dans un film. On voyait les gens pulvérisés », racontera plus tard un rescapé. Pendant trente minutes, les terroristes tuent et tuent encore. Les gens qui le peuvent, s’enfuient ou se cachent dans les magasins, les toilettes, où ils peuvent.

La police encercle les bâtiments et un siège de quatre jours commence. Les terroristes sont cachés. Les forces de sécurité avancent à tâtons dans ce labyrinthe. Au fur et à mesure, des survivants cachés parviennent à sortir. Les shebabs revendiquent, tandis que le bilan ne cesse d’augmenter.

L’armée est déployée et pendant plusieurs jours, des échangent de tirs, des explosions sont entendues. Les soldats ratissent le site. Des assauts sont lancés, mais chaque fois les shebabs résistent.

Les islamistes communiquent en direct sur Twitter. Menacent d’exécuter des otages. Finalement le mardi soir, après 80 heures de siège, le président Kenyatta annonce la fin de l’attaque.

Une stratégie contre-productive

Cinq ans après, beaucoup de chemin a été parcouru au Kenya sur la question sécuritaire. Après le Westgate, l’Etat a agi avec brutalité. Les forces de sécurité ont visé les musulmans, les gens d’origine somali, avec des opérations très violentes notamment à Eastleigh, le quartier Somali de Nairobi. Tout cela a été contre-productif. Les shebabs ont profité du ressentiment communautaire pour recruter et ça a entrainé l’attaque de l’université de Garissa en 2015, qui a fait plus de 150 victimes.

Après 2015, le gouvernement a changé de méthode. Il a renouvelé la direction de plusieurs agences de sécurité, il a renoué avec les communautés, les musulmans. Les leaders locaux, religieux, somali ont été impliqués dans la discussion, dans la collecte de renseignements. Les forces de sécurité ont intégré les locaux. Tout cela a porté ses fruits. Il n’a pas eu d’attaque d’ampleur en zone urbaine depuis 2015.

Mais le Kenya reste une cible notamment parce qu’il a toujours des troupes déployées en Somalie. Chaque semaine, les shebabs attaquent le Nord-Est et parfois la Côte, qui sont des zones proches de la Somalie tout il n’y a pas de doute qu’un nouveau Westgate pourrait arriver.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.