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Mali

Mali: la grève des magistrats se poursuit

Le ministre malien de la Justice, Tiéna Coulibaly, ici en mai 2017 alors qu'il était ministre de la Défense.
© REUTERS/Luc Gnago

Au Mali, la grève entamée par les magistrats continue malgré une rencontre mardi avec le nouveau ministre de la Justice. Alors qu'il vient d'entrer en fonction, Tiéna Coulibaly a convoqué tous les syndicats des travailleurs de la Justice. Il s'est entretenu particulièrement avec les deux syndicats de la magistrature, en grève illimitée depuis la fin du mois d'août. Ils réclament la sécurisation du personnel judiciaire sur tout le territoire et la revalorisation de leur salaire. Le ministre a promis de faire des efforts pour accéder à leurs requêtes et a demandé en échange la suspension du mouvement de grève. Mais cela n'a pas suffi.

Entre le gouvernement et les magistrats, le divorce est consommé. Au coeur des tensions, la mise en application d'une convention signée en 2014, sur la sécurisation des juges et leur nouvelle grille de salaire. Trois ans plus tard, tout est au point mort.

Plusieurs ministres, même les plus volontaires comme Mamadou Ismaël Konaté, s'y sont cassé les dents et le nouveau Garde des Sceaux hérite d'un véritable bourbier.

« Ce que nous avions obtenu avec le ministre Konaté, a tout d'un coup été renié par le gouvernement, explique Hady Macky Sall, président du Syndicat libre de la magistrature. Peu importe que le Garde des Sceaux soit X ou Y, le gouvernement mène la même politique » a-t-il conclu.

Même son de cloche du côté du Syndicat autonome de la magistrature. « Le ministre nous demande de lui faire confiance, mais nous ne pouvons pas, pas après autant de mauvaise foi » déplore Mamoudou Kassogue, son secrétaire général.

La semaine dernière, les associations de droits de l'homme ont fait part de leur inquiétude. La poursuite de la grève des magistrats laisse en suspens le sort de nombreux prévenus en attente d'être jugés. Des préoccupations que les deux syndicats entendent, mais ils appellent le gouvernement à prendre ses responsabilités.

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