Gabon: pouvoir et opposition saluent l’absence d’enquête de la CPI

La Cour pénale internationale de La Haye ne va pas mener d'enquête sur les violences post-électorales au Gabon.
© AFP

La Cour pénale internationale n'ouvrira pas d'enquête sur la crise postélectorale gabonaise de 2016, mais reste « très vigilante » face à une « éventuelle flambée de violence ».

Le régime gabonais se « réjouit » de la décision de la CPI, samedi 22 septembre. Le porte-parole du gouvernement, Guy-Bertrand Mapangou, qualifie la décision de « juste et courageuse », dans un communiqué. Le Gabon « réitère sa croyance en l'institution, au moment où elle est bousculée » par l’administration américaine, ajoute-t-il.

L'opposition et notamment dans le camp de Jean Ping - dont le QG avait été bombardé le 31 août 2016 - saluent également cette décision de la CPI. « C’est une décision qui est dite en droit, donc je la comprends et je l’accepte », explique Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, commissaire national en charge du Budget à l’Union nationale.

Il souhaite à présent que la justice gabonaise se saisisse de la question puisque, affirme-t-il, « aujourd’hui la CPI ne conteste pas la réalité des massacres, au contraire elle [la] confirme ». Il y a donc à ses yeux une « obligation morale, politique » et « judiciaire à ce que la lumière soit faite » sur la répression post-électorale au Gabon.

Ni « crimes contre l'Humanité » ni « incitation au génocide » pour la CPI

« Les conditions juridiques justifiant l'ouverture d'une enquête dans la situation en République gabonaise ne sont pas remplies », avait estimé la veille Fatou Bensouda.

La procureure de la CPI affirme qu’il n’y a pas de « base raisonnable qui permette de penser que les actes prétendument commis dans le contexte des violences post-électorales de 2016, que ce soit par des militants de l'opposition, ou par des forces de sécurité gabonaises, constituent des crimes contre l'humanité, tel que défini dans le Statut de Rome ».

Les éléments recueillis par l’institution « ne permettent pas non plus d'établir que des crimes d'incitation au génocide aient pu être commis durant la campagne électorale ».

A la suite des violences qui ont émaillé les résultats controversés de la présidentielle, la CPI avait été saisie et par le pouvoir et par le leader de l'opposition Jean Ping, respectivement pour « incitation à commettre le crime de génocide » et pour « crimes contre l'humanité ».

L'enquête indépendante sollicitée par l'UE est la bienvenue...
Marc Ona, coordonnateur du collectif Tournons la page
23-09-2018 - Par Bineta Diagne

 

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