[Reportage] Niger: les victimes du choléra ont peur de la stigmatisation

Centre de traitement du choléra de Maradi au Niger.
© RFI/David Baché

Plus de 2 700 cas de choléra et au moins 55 morts ont été recensés depuis début juillet au Niger. Venue du Nigeria voisin, l'épidémie se propage depuis Maradi, dans le sud du pays. Elle touche déjà plusieurs régions voisines et les malades rechignent souvent à se faire soigner.

Deux enfants, de 3 et 5 ans, viennent d'arriver en salle d'observation. Leurs diarrhées, pourtant déjà traitées, ne passent pas, d'où une suspicion de choléra. « Ils sont modérément déshydratés. On va les réhydrater. Pour l’instant, nous n’avons pas vu de signes de choléra. Nous attendons de voir si la diarrhée se poursuit », explique le docteur Hamidou Miyé, qui les examine.

Des campagnes de sensibilisation ont été mises en place – relayées par le Sultan de Maradi et par les imams de la ville – pour inciter la population à bien se laver les mains ou à venir consulter en cas de doute. Et les soins sont entièrement gratuits.

« Beaucoup de patients viennent la nuit »

Le problème, c'est les « réticences à venir au centre » partagées par beaucoup de patients, témoigne le docteur Ousmane Housseini. « Beaucoup de patients viennent la nuit et tard, parce qu’ils sont stigmatisés dans la communauté. Beaucoup de gens ne veulent pas les approcher. Il y a des patients qui viennent ici même sans accompagnant, parce que personne à la maison ne veut les accompagner », se désole ce médecin au Centre de traitement du choléra de Maradi. « C’est pour cette raison que les gens, la journée, quand ils font leurs diarrhées et vomissements, ils ne veulent pas déclarer ou venir au centre pour se faire traiter. »

Le choléra se soigne facilement. Mais quelques heures suffisent après l'apparition des premiers symptômes, diarrhées et vomissements, pour qu'un malade meure de déshydratation.

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