Bobi Wine demande à Yoweri Museveni de «respecter les droits des Ougandais»

Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom Bobi Wine, lors d'une conférence de presse à son domicile de Kampala, le 24 septembre 2018.
© REUTERS/Newton Nambwaya

Pour sa première conférence de presse depuis son retour en Ouganda, l’opposant Bobi Wine met en garde le président Yoweri Museveni.

« Je veux savoir, monsieur le président, ce que vous ressentez quand vous traitez votre peuple de cette façon ?  Que ressentez-vous quand vous nous piétinez ? », a lancé Bobi Wine, lors d’une conférence de presse à son domicile, lundi 24 septembre.

L’ancien chanteur populaire a directement interpellé le dirigeant ougandais, au pouvoir depuis 30 ans : « A plusieurs reprises, vous avez dit que vous vous considériez comme notre grand-père, mais la façon dont on nous traite, dont on nous brutalise ne correspond pas à comment un grand-père se comporte ».

Le député et plusieurs de ses partisans ont été arrêtés le mois précédent après une altercation avec les forces de l’ordre qui escortaient un convoi présidentiel. Battu par les forces de l’ordre, Bobi Wine a quitté un temps le pays pour se faire soigner aux Etats-Unis.

« Il viendra un temps où vous ne serez plus au pouvoir »

« Je veux que vous sachiez, monsieur le président, que tout comme il fut un temps où vous n’étiez pas au pouvoir, il viendra un temps où vous ne serez plus au pouvoir », a-t-il prévenu, avant de demander à Yoweri Museveni de « traiter les gens de la façon » dont il souhaite être traité et de « respecter les droits des Ougandais ».

Depuis un an, cette figure populaire est devenue le porte-parole d’une jeunesse pauvre qui ne se reconnaît plus dans le régime. « Depuis 2011, le mécontentement de la population est grandissant, je pense qu’il a atteint un niveau critique. Les gens sont de plus en plus téméraires, prêts à descendre dans la rue. Et cette résistance populaire est incarnée par Bobi Wine », juge ainsi Godber Tumushabe, de l’institut pour les études stratégiques dans les grands lacs.

« Le régime semble croire qu’il peut faire taire les Ougandais en envoyant les forces de l’ordre dans la rue », mais pour ce chercheur, « sur le long terme cela ne va pas fonctionner ». Il estime en effet que « Bobi Wine est la voix de plusieurs millions d’ougandais qui sont en colère contre le régime, de millions de jeunes qui ont été exclus et marginalisés du processus politique et économique » et qu'en tant que tel, il représente « une menace pour le régime ».

Une « menace » qui n’entend pas baisser les bras, malgré son inculpation pour trahison. « La nation vous a toujours regardé avec respect. Il n’est pas trop tard Mr le président de faire ce qui est juste. Il n’est pas trop tard pour nous écouter, pas trop tard pour sauver ce que vous avez apporté à ce pays. Donc s’il vous plaît, faites ce qui est juste. », a plaidé l'opposant ce lundi matin. Selon la police, Bobi Wine n’est pas aux arrêts, mais son passeport lui a été retiré.

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