Un chirurgien sud-soudanais lauréat du prix Nansen décerné par le HCR

Le Dr Evan Atar Adaha avec une réfugiée sur le point de subir une césarienne, à l'hôpital de Maban, le 6 mai 2018.
© UNHCR / Will Swanson

Le Dr Evan Atar Adaha s’est vu décerner mardi 25 septembre le prix Nansen attribué par le HCR qui récompense « l’aide extraordinaire » aux réfugiés. C'est dans le nord du Soudan du Sud, dans une zone sans infrastructure ni électricité qu'Evan Atar Adaha a construit un hôpital à partir de rien et y soigne sans relâche les plus démunis. RFI l’a rencontré à Nairobi où il était de passage avant de partir pour Genève où il recevra son prix le 1er octobre.

Humble et direct, le docteur Atar raconte ses longues nuits de travail à l'hôpital de Maban situé dans la région du Nil Supérieur. « Il m'est arrivé de faire six césariennes en une nuit avant que l'on ne m'amène un homme blessé par balle au torse, se souvient-il. Et lorsque j'ai eu fini, j'ai dû m'occuper d'une occlusion intestinale. »

Plus de 200 000 personnes bénéficient des soins de cet hôpital. Ce sont majoritairement des réfugiés originaires de l'Etat du Nil Bleu, au Soudan voisin. C'est là que travaillait le docteur Atar jusqu'en 2011 lorsqu'un conflit a éclaté après l'indépendance du Soudan du Sud. Le chirurgien suit alors des milliers de réfugiés qui fuient vers le jeune pays et commence à opérer dans un centre de santé abandonné dans le village de Bunj.

Aujourd'hui, l'hôpital s'est développé, mais le matériel manque encore. « Nous devons souvent improviser, nous ne pouvons faire autrement. Nous n'avons pas d'appareil de radiographie par exemple. Or, cet équipement est primordial pour les fractures et les blessures par balle », explique-t-il.

Alors qu'on signale de nouveaux combats malgré l'accord de paix signé par les belligérants le 12 septembre dernier, le Haut-Commissariat aux réfugiés voit dans le parcours du chirurgien un message d'espoir.

« Alors que l’élite politique et la communauté internationale n’a pas été à la hauteur de la situation au Soudan du Sud, le Dr Atar, qui vient de la société civile, a démontré que des individus pouvaient faire une différence », souligne Johann Siffointe, représentant du HCR au Soudan du Sud.

En attendant, l'hôpital de Maban est devenu un petit havre de paix dans un pays ravagé par la guerre, le dernier hôpital en service dans la région du Nil Supérieur.

Après cinq années de guerre civile, le Soudan du Sud compte aujourd’hui près de 2 millions de déplacés internes tandis que 2,5 millions d'habitants ont fui le pays, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies qui remet le prix Nansen.

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