Propos sur Bouteflika: l’ambassadeur de France à Alger obligé de se démarquer

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, en juillet 2016.
© © Canal / AFP

« Le président Bouteflika, avec tout le respect que j’éprouve pour lui, est maintenu artificiellement en vie ». La phrase, lâchée par l'ancien patron de la DGSE, fait polémique en Algérie. Au point d'obliger l'ambassadeur de France à Alger à sortir du silence pour s'en démarquer.

Deux jours après la phrase lâchée dans les colonnes du Figaro par l'ancien Bajolet, la mise au point de l'ambassadeur de France à Alger s'est voulue ferme. « Bernard Bajolet, c’est Bernard Bajolet. Il s’exprime à titre personnel, il n’engage en aucun cas, je dis bien en aucun cas, le gouvernement, le président et l’administration française », a affirmé Xavier Driencourt. Alors que la presse algérienne s’était emparée de l’affaire, hors de question pour lui de laisser imaginer que Paris pourrait être à la manœuvre.

Car Bernard Bajolet n’est pas n’importe qui. Cet ancien diplomate est surtout l’ex-directeur général des renseignements extérieurs français, poste qu’il a occupé sous François Hollande entre 2013 et 2017. Sa phrase n’est donc pas passée inaperçue, d'autant qu'il a enfoncé le clou lundi lors d’un déjeuner à Paris avec la presse diplomatique. « Soyons clairs, je souhaite longue vie au président Bouteflika. Je ne suggère donc pas qu’on le débranche », a-t-il tenté de se justifier. Avant d'ajouter : « Cette momification du pouvoir algérien sert certains groupes qui espèrent continuer à se maintenir et à s’enrichir. »

Ces déclarations au vitriol s’ajoutent à celles déjà contenues dans un livre qu’il vient de publier sur ses souvenirs de diplomate. Lorsqu’il était ambassadeur de France à Alger entre 2006 et 2008, Bernard Bajolet explique par exemple avoir été pris « de vertige par les sommets que la corruption avait atteints, touchant jusqu’à la famille du président. »

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