Le dopage au Kenya est un «phénomène sérieux» mais pas «institutionnalisé»

Le chef de l'agence antidopage kényane Japhter Rugut (C), entouré du directeur de l'Agence mondiale antidopage et du chef de l'Athletic Integrity Unit, lors d'une conférence de presse à Nairobi le 27 septembre 2018.
© REUTERS/Thomas Mukoya

Pendant des mois, plusieurs organisations de lutte contre le dopage ont réalisé une étude sur le système de dopage des athlètes kényans. A l'aide de statistiques, d'interviews avec des compétiteurs d'élite, des entraîneurs, des professionnels de santé, elles ont levé le voile sur un système de triche unique au monde par ses caractéristiques.

C’est une étude inédite qu’ont réalisé l'Agence mondiale antidopage (AMA), l'agence kényane ADAC et l'Athletic Integrity Unit (AIU). Et les résultats ne sont pas très reluisants pour le sport kényan.

« On est tous inquiets. Le phénomène est sérieux », déclare Brett Clothier. Pour le responsable de l'AIU, le Kenya est l'un des trois pays où les athlètes sont le plus dopés. Depuis 2015, la nation reine du fond et demi-fond voit son aura ternie par des dizaines de cas de dopages. Le rapport dévoilé jeudi assombrit un peu plus le tableau.

Méconnaissance des produits et des règles

Il montre que le phénomène n'est pas organisé ni sophistiqué, qu'il n'est pas le fait d'un Etat ou d'un réseau criminel. Il est opportuniste avec une forte méconnaissance des sportifs eux-mêmes. Il n'existe aucune preuve de l'existence d'un dopage « institutionnalisé », conclut le rapport de l'AMA. « Certains ne savent même pas qu'ils se dopent et n'ont aucune idée des conséquences », confie Gunter Younger de l'Agence mondiale antidopage. Selon lui, les champions kényans accèdent facilement à des produits interdits, en allant dans une pharmacie ou lors d'un traitement médical. La plupart ne connaissent d'ailleurs pas les règles antidopage.

La nandrolone est la substance la plus utilisée. Peu cher, ce stéroïde est facilement accessible et utilisable par voie orale. L'enquête n'annonce pas encore de mesures concrètes, mais des pistes sont à l'étude. « Il faut éduquer les athlètes et avoir une réponse forte en cas de contrôle positif », déclare Gunter Younger.

De son côté, Japhter Rugut, directeur de l'ADAC, souhaite restreindre l'accès aux substances interdites.

En tout cas, tous comptent sur le Pathologist Lancet, premier laboratoire kényan à recevoir une accréditation internationale pour réaliser des contrôles.

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