Les ONG inquiètes de la faible augmentation de l'aide française au développement

Le président français Emmanuel Macron lors de l'Assemblée générale des Nations unies le 25 septembre 2018.
© REUTERS/Caitlin Ochs

Emmanuel Macron avait promis que l’aide au développement atteindrait 0,55 % du PIB d’ici 2022. Soit une augmentation de plus de 5 milliards d’euros sur cinq ans. Mais plusieurs ONG ont peur que cet objectif ne soit pas respecté car le budget de l’aide n’augmentera que de 130 millions d’euros en 2019.

Dans son discours prononcé mardi à l’Assemblée générale des Nations unies, Emmanuel Macron a affirmé à propos du budget de l’aide au développement qu’il avait « décidé de l’augmenter d’un milliard d’euros dès 2019 ».

Un chiffre que contestent les ONG. Dans ce milliard annoncé, le président français a en fait comptabilisé des autorisations d’engagement, soit des fonds qui seront déboursés sur plusieurs années. Il est d’ailleurs bien spécifié dans le projet de loi de finances que le budget de l’aide publique au développement n’augmenterait l’an prochain que de 400 millions d’euros. Et encore, l’augmentation réelle ne sera que de 130 millions car, précise-t-on chez Oxfam, des revenus déjà prévus l’an passé ont été recomptabilisés.

Bref, une trajectoire budgétaire qui inquiète l’ONG. En 2017, l'aide publique au développement française a atteint 0,38% du PIB. « On est préoccupé qu’on arrive à la fin du mandat du président et qu’on ait une très mauvaise surprise, que les engagements ne soient pas tenus, explique Robin Guittard, responsable de campagne sur le financement du développement chez Oxfam. C’est pour cela qu’il faut dès maintenant et sans attendre acter cette hausse et la trajectoire pour atteindre les 0,55% du PIB à l’horizon 2022. »

Pas si simple, rétorque-t-on au sein de la majorité. « Cela n’a pas de sens de dire : il faut qu’on dépense chaque année 1,2 milliard d'euros. Ce n’est pas comme ça que ça marche, défend le député Hubert Julien-Laferrière, rapporteur du budget de l’aide au développement. Il faut d’abord qu’on ait des projets cohérents qui répondent aux objectifs qu’on s’est fixés ensemble. On a des priorités géographiques – le Sahel, on a des priorités sectorielles. Donc il faut que les projets soient construits en fonction de ces priorités. Et ça ne se fait pas en un jour ».

Hubert Julien-Laferrière tentera de rassurer les ONG ce jeudi. Il doit en effet les auditionner dans le cadre de son rapport.

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