Republier
Burundi

Burundi: trois mois de suspension d’activités pour toutes les ONG

Vue de Bujumbura, capitale du Burundi.
© Wikimedia Commons/SteveRwanda

Au Burundi, toutes les ONG sont désormais suspendues d'activités pour trois mois, et ce à compter du lundi 1er octobre. Depuis quelques mois, les ONG internationales sont sous pression, notamment du Sénat, pour se conformer à une nouvelle loi.

Votée fin 2017, cette loi régit leurs activités, et prévoit notamment qu'elles se conforment aux équilibres ethniques du pays disposé par la Constitution : 60% de Hutus et 40% de Tutsis. La plupart de ces ONG ne s'y sont pas conformées. Selon des ONG jointes ce vendredi matin des discussions étaient en cours depuis plusieurs mois avec les autorités pour voir comment appliquer cette loi et notamment par rapport aux questions éthiques qu'elle pose. Ce jeudi, le Conseil national de sécurité, présidé par le chef de l'Etat Pierre Nkurunziza, a donc décidé de passer à la vitesse supérieure et de suspendre leurs activités afin de les obliger à se conformer à la nouvelle loi.

Une annonce qui n'a pour le moment pas vraiment clarifié la situation. Bien au contraire, pour le moment c'est plutôt l'incompréhension. Et d'abord parce que les organisations non gouvernementales n'ont pas été notifiées de cette décision. Elles n'ont pas reçu de courrier officiel et ont, en revanche, été convoquées lundi matin à une réunion au ministère de l’Intérieur.

Les ONG s'interrogent aussi sur la légitimité du Conseil national de sécurité pour prendre une telle décision. Selon la fameuse loi sur les ONG, seul le ministre des Affaires étrangères peut suspendre leur activité. Enfin des déclarations du porte-parole du président, publiées sur Twitter, sème le doute. Selon Claude Karerwa Ndenzako, la suspension ne concerne que les ONGS qui ne respectent pas la loi burundaise. Parmi elles figureraient des organisations faisant « la promotion de l'homosexualité et de l'insécurité », toujours selon Claude Karerwa Ndenzako. Toutes les ONG disent attendre des clarifications du gouvernement.

Le Conseil national de sécurité a constaté que la plupart d’entre elles ne se conforment ni à la loi ni aux textes qui les régissent.

Général major Silas Ntigurirwa, secrétaire permanent du Conseil national de sécurité
28-09-2018 - Par RFI

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.