Cameroun: l'Elecam confirme la forte abstention dans les régions anglophones

Du matériel électoral est retiré d'un bureau e vote de Mwangai près de Buea en zone anglophone le 7 octobre 2018 à cause de l'insécurité qui règne dans la région.
© MARCO LONGARI / AFP

Au Cameroun, après la tenue du scrutin présidentiel, la longue attente des résultats a commencé. Le vote s'est déroulé dans le calme sur la majorité du territoire. A l'exception des deux régions anglophones marquées par des violences et une très forte abstention. Plus de 50% des bulletins ont été dépouillés, a affirmé Elecam, ce lundi 8 octobre en fin de journée. L'organe chargé d'organiser les élections au Cameroun reconnaît que le taux de participation a été « faible » dans les deux régions anglophones.

Les séparatistes armés ont tenu leur promesse, ils ont perturbé le scrutin présidentiel dans la région du Sud-Ouest, mais surtout dans le Nord-Ouest ou des tirs ont été entendus tout au long de ce dimanche dans de nombreuses localités.

Ces violences ont contraint les autorités à réduire le nombre de bureaux de vote. Elles ont surtout dissuadé les électeurs de se déplacer. « Quand les électeurs sont effrayés, quand ils sont menacés, il est normal qu’ils ne veuillent pas exposer leur vie au terrorisme. C’est cela qui a entraîné ce faible taux de participation », explique Erik Essousse, le directeur général d'Elecam, l'organisme chargé d'organiser le scrutin.

Les résultats attendus d'ici 15 jours

Si le taux de participation est faible, il n’est en revanche pas question d'en révéler la teneur exacte. D'après International Crisis Group, ce taux serait inférieur à 5% dans les régions francophones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest. C'est ce qu'indique Hans de Marie, chercheur à l'International Crisis Group (ICG), sur le compte Twitter d'International Crisis Group. 

Qu'importe, pour Elecam, il fallait surtout que le scrutin ai lieu dans les deux régions anglophones.

« Compte tenu de la situation, le plus important était d’organiser l’élection sur tout le territoire national et de faire en sorte que ce ne soit pas le terrorisme qui ait raison sur le pouvoir de l’Etat, estime Erik Essousse. Il n’y avait pas de raison que le scrutin puisse se tenir sans ces deux régions ».

Le taux de participation officiel et les résultats sont attendus d'ici quinze jours. Seul le Conseil Constitutionnel est habilité à les rendre publics.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.