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Madagascar

Madagascar: campagne de la société civile pour la charte de bonne conduite

Vue sur le Lac Anosy en juillet 2009, au centre de la ville d'Antananarivo, capitale de Madagascar.
© Sascha Grabow / Wikimédia

Alors que la plupart des candidats à la présidentielle et observateurs internationaux sont partis en tournée en région, la société civile continue de faire entendre sa voix dans la capitale. Le Comité paritaire pour la Charte (constitué de 12 organisations de la société civile), à l'origine de la « Charte de bonne conduite et d'intégrité du candidat », a rendu mardi son verdict suite à la clôture des signatures. Sur les 36 candidats, 12 l'ont ratifiée. Et 5 ont clairement marqué leur refus d'apposer leur nom sur un document qu'ils qualifient de « mascarade ». Petit tour d'horizon sur les engagements pris par les signataires de la charte et sur les obligations et interdits légaux stipulés dans le code électoral.

« Les électeurs seront juges de ceux qui ont signé et ceux qui ne l'auront pas fait, car cette charte constitue un des outils pour éclairer leur choix. » Un outil, un garde-fou, mais pas une loi. Manière de rappeler, pour le porte-parole du comité, que la charte n'a pas de valeur juridique.

Un tiers des candidats (Richard Rakotofiringa (n°2), Paul Rabary (n°8), Saraha Rabeharisoa (n°9), Benjamin Radavidson (n°10), Hery Rajaonarimampianina (n°12), Olivier Mahafaly (n°22), Mamy Radilofe (n°23), Jean Ravelonarivo (n°27), Solo Randriamorasata (n°28), Falimampionona Rasolonjatovo (n°30), Jean-Max Rakotomamonjy (n°31) et Emma Rasolovoahangy (n°36)) s'est donc engagé à respecter les 30 principes de la charte dont 15 concernent directement la campagne.

Ainsi, le signataire promet entre autres de « ne pas faire de dépenses ostentatoires, abusives et déplacées au mépris de la pauvreté ambiante », de « ne pas utiliser les avantages, moyens et pouvoirs provenant de l'Etat ou toute autre structure publique », de « ne pas recruter, armer ou avoir recours aux "gros bras" et autres milices pour créer des troubles », ou « d'éviter tous propos discriminatoires basés sur l'origine sociale, l'ethnie, le sexe ou la religion. »

« Le Comité exhorte l'ensemble des candidats, y compris ceux qui n'ont pas signé la charte, à entamer la campagne électorale dans le respect total des lois et règlements en vigueur », précise le porte-parole du comité. Et c'est la Loi organique n°2018-008 Relative au Régime général des élections qui expose les différents droits et interdits.

Fini donc, durant la campagne, les inaugurations officielles ou la production et diffusion de documents électoraux injurieux ou diffamatoires. Il est interdit également de porter à la connaissance du public un élément nouveau de polémique électorale à un moment où les adversaires n'auraient plus la possibilité de se défendre avant la fin de la campagne électorale.

Les candidats doivent être transparents sur les sources de financement de leur campagne et de l'utilisation des fonds affectés. De leur côté, l'administration et les lieux de cultes doivent être neutres, les médias publics impartiaux et respectueux de l'égalité de temps d'antenne pour chacun des 36 candidats. Les contrevenants à la loi risquent jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et d'une amende de 2 à 20 millions d'ariarys (530 à 5 300€).

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