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Libye

Libye: le remaniement gouvernemental suscite des contestations

Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement d'union nationale en Libye, le 20 septembre 2017 à New York.
© Drew Angerer/Getty Images/AFP

En Libye, le remaniement au sein du gouvernement d'union nationale qui a eu lieu dimanche 7 octobre provoque la controverse. Trois nouveaux ministres ont été nommés, à l'Intérieur, aux Finances à l'Economie. Les derniers combats entre milices opposées à Tripoli ont conduit Fayez al-Sarraj à mener ce remaniement trois ans après sa nomination au poste de Premier ministre. Ces changements devraient permettre des réformes sécuritaires et économiques, mais Fayez al-Sarraj, soutenu par les Nations unies, est fortement critiqué pour ces réformes.

C'est surtout la nomination du ministre de l'Economie, Ali al-Issaoui, qui pose problème pour une majorité de Libyens. L'homme est officiellement impliqué dans l'assassinat, en 2011, du général Abdel Fattah Younes, chef de l'armée nationale libyenne. Mais il n'a toujours pas été jugé par la justice.

La tribu al-Obeidat dont le général assassiné était issu, déclare que la place d'Ali al-Issaoui, « n'est pas au gouvernement, mais dans le box des accusés ».

Le fils du général Younes accuse, lui, le Conseil présidentiel de se rendre complice de ce crime, en nommant Issaoui ministre de l'Economie. De son côté, le comité de défense et de sécurité nationale au Parlement libyen basé à Tobrouq indique qu'Issaoui, dirigeant des frères musulmans, figure sur sa liste de terroristes.

Autre nom qui fait polémique et divise, celui de Fathi Pachagha, qui depuis 2014 boycotte le Parlement et qui a été nommé ministre de l'Intérieur. Ce membre du rassemblement politique des parlementaires de Misrata, ville forte militairement et économiquement, est accusé d'être impliqué dans l'opération Fajr Libya menée par les milices extrémistes de cette ville pour occuper Tripoli.

Le Parlement libyen reproche au Premier ministre d'avoir agi tout seul en remaniant son gouvernement, ce qui est contraire à l'accord politique interlybien. Selon plusieurs analystes, ces nominations aggravent les divisions déjà existantes et prolongent la durée de la crise libyenne.

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