Procès du coup d'Etat manqué au Burkina: le journaliste Damis à la barre

Les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, cerveaux présumés du coup d'État manqué de 2015 (photo d'illustration).
© AFP/Ahmed Ouoba

Au Burkina Faso, le procès du coup d'Etat manqué de septembre 2015 se poursuit. Cela fait bientôt quatre mois que les personnes accusées s'expliquent devant le  tribunal militaire de Ouagadougou. Les militaires de l'ex-régiment de sécurité présidentielle avaient arrêté les autorités de la transition à quelques semaines des élections après la chute de l'ex-président Blaise Compaoré. 84 personnes sont dans le box des accusés dont les généraux Gilbert Dienderé, ex-bras droit de Blaise Compaoré et Djibrill Bassollé ancien ministre des Affaires étrangères. Mardi, c'était au tour du journaliste Adama Ouedraogo, dit Damiss, chef du desk politique de l'Observateur Paalga au moment des faits. Il est accusé de complicité d'attentat à la sûreté de l'Etat car c'est lui qui aurait aidé le général Gilbert Dienderé à rédiger  la proclamation du coup d'Etat. Accusation rejetée par le journaliste. 

Selon le parquet, le général Gilbert Diendéré aurait déclaré que bien avant le coup d'Etat, il a demandé à Adama Ouédraogo de recenser les griefs politiques contre la transition pour lui. Et ce serait ces griefs et des revendications d'ordre militaire qui auraient servi à rédiger la proclamation du Conseil national pour la démocratie.

Le journaliste rejette alors tout en bloc. « Je ne sais rien de la déclaration du CND. Je ne l'ai pas rédigée, je ne l'ai pas lue », s'est-il défendu. L'accusé souligne que s'il s'est rendu au camp du régiment de sécurité présidentielle, c'est juste pour la recherche de l'information. « Tous ces problèmes, c'est parce que je suis allé au camp Naba Koom », affirme le journaliste Adama Ouédraogo, dit Damis.

Selon le parquet militaire le 17 septembre 2015, Adama Ouédraogo aurait reçu de l'argent de la part du général Djibrill Bassolé. Fait reconnu par l'accusé, mais il souligne que cette somme n'est pas liée au coup d'Etat.

Maître Prosper Farama, l'un des avocats des parties civiles, prend la parole et précise. « Il faut qu'on soit clair, dit-il, ce n'est pas le travail du journaliste qui lui vaut cette présence devant la barre. Il a été cité par le général Gilbert Diendéré lui-même, lors de ses premières auditions. »

A peine a-t-il fini de parler qu'une coupure d'électricité contraint le tribunal à suspendre l'audience qui se poursuit ce mercredi.

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