[Reportage] Elections en Côte d’Ivoire: dans le fief de Laurent Gbagbo

Meeting dans le quartier Zapata de Gagnoa en Côte d'Ivoire.
© RFI/Frédéric Garat

Dans trois jours, les Ivoiriens vont aller voter pour les élections municipales et régionales. Reportage à Gagnoa dans la région du Goh au centre-ouest du pays. La région est connue pour être l'épicentre de l'ethnie bété et également pour être celle de Laurent Gbagbo, l'ex-président ivoirien dont le parti le Front populaire ivoirien (FPI) boycotte ces élections.

Une élection à Gagnoa et dans le Goh, c'est une équation à inconnues multiples. Dans ce fief bété de Laurent Gbagbo et du FPI, l'appel au boycott d'une partie du Front populaire ivoirien rebat les cartes des équilibres politiques locaux.

Pourtant du point de vue de nombreux observateurs, le FPI tendance « Gbagbo ou rien » pourrait parfaitement profiter des dissensions actuelles au sein de la majorité présidentielle. « Les décisions que nous prenons ne sont pas circonstancielles, c’est-à-dire qu’on ne peut pas dire que comme Gagnoa est favorable, on va aux élections là-bas et comme Korhogo n’est pas favorable, on ne va pas aux élections là-bas. C’est aussi ça », explique Darius Zogbe, représentant des jeunes FPI de Gagnoa.

Alain Deigna est lui candidat du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) à la mairie de Gagnoa : « Que le FPI ne participe pas à des élections, cela n’engage qu’eux. Et je le regrette parce que cela ne participe pas de la démocratie. Le FPI pourrait très bien demander à ses militants de s’inscrire, de se faire enrôler, et de les appeler à voter blanc pour pouvoir exprimer leur colère. Ça permettrait même de quantifier l’importance du FPI dans le jeu politique ivoirien ».

Preuve que ce réservoir de voix suscite les convoitises, le FPI a dénoncé hier l'usage fait sur des affiches électorales de photos de Simone Gbagbo par des candidats du PDCI notamment. Ce qui fait sourire le candidat Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) à la présidence de la région du Goh, Joachim Djédjé Bagnon : « C’est un peu débile quand même. Simone Gbagbo n’est pas candidate. Pourquoi ces affiches avec sa photo ? Et ça énerve naturellement les gens du FPI. C’est normal ».

Dans ces élections locales, chacun fait feu de tout bois pour remporter le scrutin, pas toujours au profit de la cohérence ou d'une logique politique.

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