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Cameroun

Cameroun: la vie reprend son cours en zone anglophone

Bamenda, capitale de la région du Nord-Ouest.
© Reinnier KAZE / AFP

Une opération « villes mortes » avait été décrétée par les sécessionnistes le 1er octobre dernier, en marge de la célébration du premier anniversaire de l'indépendance de la République virtuelle d'Ambazonie. Elle avait respectée à 98% par la population de la région du Nord-Ouest.

« Bamenda doit continuer d'exister, nous sommes fatigués de vivre au ralenti ! », s'exclame Peter. Résidant au centre-ville, il est heureux de pouvoir à nouveau vaquer à ses occupations de mototaxi. Après douze jours d'arrêt, il a fortement besoin de rentrées d'argent pour subvenir aux besoins de sa famille.

« Tout est cher »

Une situation partagée par Alberta qui vient de rouvrir sa boutique. Même si la jeune dame, la trentaine, constate la reprise des activités, elle déplore tout de même une forte inflation : « Les boutiques sont ouvertes, le marché est ouvert, les taxis-men, les moto-men. Mais tout est cher, toutes les marchandises. Comme il n’y avait rien qui entrait à Bamenda, tu pars au marché, tu ne trouves pas la nourriture à acheter. Aujourd’hui, il n’y a rien. C’est ouvert, je suis à la boutique maintenant, mais dehors il n’y a pas de clients. »

Pour cette mère de famille, rien à craindre à Bamenda pour l'instant. Mais selon Laurence, banquier de profession, on ne peut pas en dire autant dans les villages : « Les gens savent qu’il y a de l’insécurité et si vous allez dans les petits villages, vous ne pourrez pas vous déplacer à cause de cette insécurité. Par contre, dans la ville de Bamenda, je peux vous assurer que les gens sont plus libres de se déplacer, mais on ne le fait pas trop parce qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver le jour suivant. »

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Même si cette opération « villes mortes » est désormais terminée, de nombreux habitants des zones anglophones disent craindre des risques de débordements une fois les résultats de la présidentielle proclamée. Ils appellent donc à la prudence.


■ Leaders anglophones en prison: leurs proches dénoncent une arrestation illégale

Au Cameroun, un collectif d'avocats était à la cour d'appel de Yaoundé jeudi matin, pour demander la libération du leader anglophone Sisiku Julius Ayuk Tabe et de neuf autres militants. Ces personnes avaient été arrêtées alors qu'elles se réunissaient dans un hôtel d'Abuja, au Nigeria l'année dernière, avant d'être extradées au Cameroun en janvier 2018. Depuis, ces leaders anglophones sont détenus au secrétariat d'Etat à la Défense, le siège de la gendarmerie, à Yaoundé. Ce jeudi, les prévenus n'ont pas été présentés à la barre. Leurs avocats soulignent qu'ils n'ont jusque-là pas accès à leurs clients. Ils avaient formulé une première demande de libération, qui avait été rejetée en première instance.

Ils sont au Nigeria depuis des années comme des réfugiés. Ils n’ont même plus le passeport camerounais. Ce sont des professeurs d’université. Il y a des avocats parmi eux, le reste ce sont des professeurs d’université.
Maître John Fru Nsoh, avocat
12-10-2018 - Par Bineta Diagne

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